Exlusivité Le dossier réalisé par le journal le Peuple

Exlusivité Le dossier réalisé par le journal le Peuple

Posté le : juin 2, 2009
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Le dossier exceptionnel réalisé par Béatrix Sebagh du journal le Peuple dans le cadre du 10ème édition du Festival «Regards sur le cinéma israélien » à Marseille : Téléchargez le dossier : le-peuple-dossier-festival-2009.pdf

Du 17 au 23 juin 2009 aura lieu la 10ème édition du festival du film « Regards sur le cinéma israélien » de Marseille. 

Au programme : 10 films israéliens (dont 3 ont été présentés au Festival de Cannes) seront projetés ; 10 artistes (acteurs et réalisateurs) seront présents et participeront aux débats avec le public ; 10 événements : tous les soirs, des émissions sur Radio JM, en direct du cinéma Le Variétés seront enregistrées ; tous les soirs encore, des apéros et des dégustations de produits israéliens seront prévus dans l’espace « Bar » du cinéma ;  2 expos seront également à l’honneur : la première présentera le travail de la plasticienne israélienne Yifat Gat et la seconde sera consacrée au cinéma et montrera le reportage – photo réalisé à l’occasion du tournage du film de Raphaël Nadjari « Une histoire du cinéma israélien » ; pour finir, une grande fête « Made In Tel Aviv » sera organisée le samedi 20 juin, jusqu’à 4 heures du matin ! 

Xavier Nataf, le Directeur du Festival « Regards sur le cinéma israélien » revient sur chacun de ces éléments et nous raconte cette folle aventure : 

 

«  Depuis 10 ans, toute l’équipe de Judaïciné fait un travail formidable pour l’organisation et la promotion du cinéma israélien. Cette année, nous fêtons nos 10 ans, et nous avons voulu faire les choses en grand ! Alors, pour nos 10 ans, nous avons programmé 10 films et fait venir 10 artistes, pour 10 rencontres avec le public ! 10 ans, ça se fête, quand même ! C’est pourquoi, pour la première année, notre affiche ne sera pas axée sur une esthétique du cinéma, mais sur une image plus joyeuse. Nous avons voulu un visuel encore plus gai et plus vivant, avec des couleurs plus explosives et festives, à l’image de notre état d’esprit ! 

 

Lorsque l’on se retourne sur les 10 dernières années, le bilan est quand même incroyable : de 700 spectateurs la première année, nous sommes passés à plus de 4 000 l’année dernière ; plus de 80% de notre public est non juif, preuve que la culture israélienne attire, tous les ans, plus de monde, en quête d’une meilleure connaissance du pays et de ses questionnements internes…. et puis à titre plus personnel, j’éprouve quand même une grande fierté pour le succès de cette événement. Grand passionné de cinéma, lorsque je monte une programmation, j’éprouve toujours les mêmes émotions. A chaque fois, je vis de la passion, de l’émotion, de la joie aussi, lorsque je vois l’état de la création israélienne.. Je ne choisis jamais une œuvre en fonction de son sujet ou de sa tonalité… j’essaie juste de montrer l’état de la création actuelle et de susciter des débats. Parce que l’intérêt du festival est bien là : provoquer des rencontres entre le public et les créateurs ! provoquer des débats, de la prise de conscience, permettre aux réalisateurs et aux acteurs d’expliquer leurs prises de positions et les questions qui traversent leur société… 

 

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le festival se déroule au Variétés. C’est le seul cinéma à Marseille où les rencontres sont réellement possible. L’espace Bar permet aux gens de se rencontrer avant la projection, mais ils peuvent aussi après le débat officiel, poursuivre leurs discussions et leurs réflexions autour d’un verre. Ça ne se passe pas seulement dans la salle. Avant le film, le bar est ouvert avec des produits israéliens, parce que c’est quand même sympa de découvrir un pays au travers de ses vins, et de ses spécialités ; et après le film et le débat, les gens peuvent encore se rencontrer.  

 

Pour continuer sur l’aspect festif de cette 10ème édition, il ne faut pas oublier notre grande fête du 20 juin ! Certes, ce n’est pas la première fois que nous organisons une soirée. Ce qui est nouveau, c’est l’envergure que nous avons voulu lui donner. Elle sera organisée au Cabaret Aléatoire de la Friche de la Belle de Mai. Cet endroit était important pour les membres de notre équipe, parce que nous voulions vraiment inscrire ce festival, et cette fête, dans la cité, accentuer l’ancrage du festival dans Marseille, et dans ses lieux de concerts ! Alors, pour que cette année, la fête soit encore plus folle et plus forte, nous allons faire venir des artistes israéliens tous en provenance de Tel Aviv !

 

Et puis, nous allons également profiter de cet événement pour montrer deux expos, dans les coursives du Cinéma. 

 

Nous exposerons tout d’abord les œuvres de l’artiste israélienne, Yifat Gat. C’est une exposition qui s’appelle « Inverse », en référence à la technique de dessin qu’elle utilise. En effet, elle travaille avec de grandes feuilles et de grands aplats noirs. Après, au travers d’un scanner, elle inverse les tons, comme à l’époque les imprimeurs travaillaient à la goule sur du bois et inversaient les traces d’encre. Ici, c’est exactement la même procédure, sauf que les procédures sont forcément plus actuelles. J’aime montrer son travail, parce que je le trouve exigent, épuré, avec beaucoup de profondeur. Ses œuvres me touchent énormément, alors, j’imagine que je peux partager cette émotion là avec les spectateurs. Par ailleurs, ce qui est intéressant, c’est qu’elle est venue en résidence dans notre région depuis 2 ou 3 ans et il y a quelque chose d’intéressant dans la rencontre de la Provence que j’aime et où elle habite, et le fait qu’elle soit fondamentalement israélienne. Il y a donc une cohérence de montrer son travail.

 

La deuxième expo est plus en lien avec le monde cinématographique, puisque nous avons obtenu le reportage –photo qui a été réalisé à l’occasion du tournage du film de Raphaël Nadjari « Une histoire du cinéma israélien ». Je trouve que ce film, réalisé pour Arté, est absolument formidable et nous montrerons des photos et tout un tas d’autres choses en lien avec le cinéma israélien !

 

2- La programmation : 

Programmation : la sélection du Peuple

 

Ajami

Réalisation: Scandar Copti et Yaron Shani

Avec: Shahir Kabaha, Fouad Habash, Ibrahim Frege, Scandar Copti, Eran Naim

Durée: 2h

Année: 2009

Cannes 2009 – 41ème Quinzaine des réalisateurs – Clôture

Synopsis : Ajami vit à Jaffa, un melting pot de cultures où s’affrontent Juifs, Musulmans et Chrétiens. Nasri, un adolescent sensible de treize ans et son frère aîné Omar vivent dans la peur : leur famille est en danger après que leur oncle a blessé un membre important du clan. Malek, un jeune réfugié Palestinien naïf travaille illégalement en Israël pour financer l’opération vitale que sa mère doit subir. Binj, un jeune Palestinien, rêve d’un brillant avenir avec sa fiancée juive. Le policier juif Dando veut à tout prix se venger de la mort de son frère… 

 

L’avis de la critique : ce film réalisé par un juif et un arabe est remarquable pour la diversité culturelle qu’il propose.

 

Le syndrome de Jérusalem

Ce film sera projeté pour l’ouverture du festival le mercredi 17 juin à 20h30, en présence des réalisateurs Emmanuel Naccache et Stéphane Bélaïsch.

Réalisation: Emmanuel Naccache et Stéphane Belaïsch

Avec Lionel Abelanski, Dan Herzberg, Liron Levo, Luci Dubincek, Albert Illuz, Haim Znaty, Roni Hadar, Gala Kogen et Emmanuel Halperin

Durée : 1h30

Année : 2008

 

Synopsis : Dans les ruelles de la vieille ville de Jérusalem, Max Leibovitch, un Français, court. Atteint du syndrome de Jérusalem, il est convaincu d’être le prophète Jonas. 

Dans sa fuite, il se retrouve embarqué dans un périple aux côtés d’une petite troupe de personnages ; un tel avivien de retour d’Inde, une prostituée russe, un jeune étudiant de yeshiva convoyeur de Streimel, une petite soldate au mauvais caractère et une serveuse new age. Ensemble ils traversent le pays en taxi collectif, poursuivis par un souteneur géorgien et des officiels du gouvernement français.

 

L’avis de la critique : C’est une comédie plutôt réussie, réalisée par deux israéliens d’origine française et qui ont réussi le pari d’un humour mixte français et israélien. Ce road movie vous fera découvrir différents régions d’Israël, au travers de plusieurs personnages. C’est léger, sympathique et agréable. A voir absolument !

 

Jaffa

Le film sera projeté en avant-première le 8 juin à 20h30 au cinéma Les Variétés.

 

Réalisation: Keren Yedaya

Avec Ronit Elkabetz, Dana Ivgy, Moni Moshonov, , Mahmud Shalaby, Hussein Yassin Mahajne 

Durée : 1h50 

Année : 2008

Sélection officielle Cannes 2009

 

Synopsis : Jaffa, non loin de Tel Aviv. Le père de Mali est propriétaire d’un garage où travaillent Hassan et son fils Toufik. Les relations entre employeurs juifs et salariés arabes sont bonnes en apparence… Mali et Toufik vivent une aventure passionnelle depuis plusieurs années, qu’ils cachent à leurs familles par crainte de leurs réactions. Lorsque Mali tombe enceinte par accident, ils décident d’agir.

 

L’avis de la critique : Ce film, projeté lors du festival de Cannes, est l’un des incontournable de ce festival du film israélien marseillais. Réalisée par Keren Yedaya, qui avait déjà réalisé « Mon Trésor », elle signe ici une seconde œuvre avec la même maîtrise et sensibilité. 

 

Zion et son frère

Ce film sera projeté pour la clôture du festival le 23 juin à 20h30 au cinéma Les Variétés.

Réalisation: Eran  Merav

Avec Reuven Badalov, Ronit Elkabetz, Lia Krumer, Tzachi Grad

Durée: 1h30

Année: 2009

 

Synopsis : Zion, âgé de 14 ans et son frère Meir de 17 ans sont en conflit après un terrible accident de train. Un voisin, immigrant éthiopien, a été tué dans l’accident et ils en sont responsables. Ils gardent ce secret qui les hante jusqu’à ce que Zion questionne sa loyauté envers son grand frère et décide de prendre sa vie en main.

 

L’avis de la critique : Ce film suit les errances de deux jeunes adolescents et traite ainsi des questions sociales en Israël. Vous serez touchés par l’histoire de ce petit garçon attachant, qui suit son frère, y compris dans ses bêtises et aborde la question de savoir comment on s’en sort en Israël, dans les quartiers difficiles. Ce film sera l’occasion d’un débat avec des travailleurs sociaux en présence de l’équipe du film. 

 

Eyes wide open

Ce film sera projeté le 20 juin à 20h30, en partenariat avec le Festival Reflets.

Réalisation: Haim Tabakman

Avec Zohar Strauss, Ran Danker, Ravit Rozen

Durée:1h30

Année: 2009

Cannes 2009 – Sélection un certain regard

 

Synopsis : Aaron, respectable boucher de Jérusalem père de quatre enfants est mariée à Rivka. Il rencontre Ezri, bel étudiant de 22 ans dont il tombe amoureux et néglige alors sa famille et sa communauté. Mais la culpabilité, la douleur et la pression le rattrapent et l’amènent à prendre une décision tragique.

 

L’avis de la critique : Ce film traite de la question épineuse de l’homosexualité dans les milieux religieux et devrait être au cœur de beaucoup de débats.

 

 

Interview croisée

Regards croisés sur le Festival du Film Israélien

Il y a 10 ans, trois amis se lancent le défi de créer un festival du film israélien à Marseille. A l’époque, l’idée était folle. Jamais en France, elle n’avait pu aboutir. Pourtant, il y a 10 ans, l’étincelle a pris et depuis, elle est restée allumée, non seulement dans le cœur des Marseillais, mais également dans celui de ses concepteurs. Tamar Samash, aujourd’hui Ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxembourg ; François Da Silva, aujourd’hui  Producteur et Xavier Nataf encore aujourd’hui Directeur du Festival « Regards sur le cinéma israélien » nous livrent les souvenirs qu’ils ont conservé de cette époque, dans une interview croisée.

 

Vouloir créer un festival du film n’est pas banal. Décider, en plus, d’axer ce festival sur le cinéma israélien, peut paraître très risqué. Dans quel état d’esprit étiez-vous à l’époque, pour avoir eu cette idée ?
Tamar Samash : En 1999, j’étais Consul général d’Israël à Marseille et l’une des missions du Ministère des Affaires étrangères consistait justement à essayer de promouvoir le cinéma israélien. A l’époque, je n’avais qu’une vague idée de ce que je voulais faire. J’avais vu, dans d’autres pays, que cela pouvait fonctionner, mais je ne savais pas comment le mettre en œuvre. 

François Da Silva : A l’époque, j’étais Directeur du César, un cinéma d’Arts et d’Essais. Mon travail consistait à programmer des salles, à trouver des films, à rester ouvert à toutes les aventures et à tous les cinémas. Je voulais faire découvrir d’autres univers à mes spectateurs, au travers du cinéma, parce qu’il me semblait (et il me semble toujours d’ailleurs !) que c’était le meilleur moyen pour comprendre un pays et sa nation. Mon esprit était donc aiguisé aux idées nouvelles, hors des lieux communs et le cinéma israélien collait parfaitement à mes attentes. 
Et puis, vous savez, le festival du film israélien, c’est avant tout du cinéma ! Par la suite, je me suis souvent rendu compte, lorsque j’organisais des festivals (comme celui du film latino-américain, du cinéma allemand, ou du cinéma indien) que les problématiques étaient identiques. A chaque fois, c’est l’histoire d’une nation, avec une diaspora qui idéalise un pays parce qu’elle ne connaît pas forcément les difficultés, ni les réalités de ce pays. Pour le festival du film israélien, c’était exactement pareil et mon but était justement de montrer des films, pour rendre compte et refléter de l’état et des conflits de la société actuelle. 

Xavier Nataf : A ce moment là, j’étais Directeur du Centre Fleg et je travaillais déjà régulièrement avec François pour accompagner la sortie de films israéliens. J’ai toujours été passionné de cinéma et pour moi, le véritable enjeu était d’imaginer comment une structure communautaire pouvait avoir le niveau d’exigence et surtout le niveau d’ouverture pour créer un festival digne de ce nom, sans avoir une attitude militante.

Comment avez-vous décidé la création du Festival ?

Tamar Samash : je crois bien me souvenir que cette décision a été prise, à trois,  autour d’un verre ! En fait, quand on a commencé à en parler, personne n’y croyait vraiment. On lançait des idées, comme ça, sans vraiment penser que ce serait réalisable… mais finalement, ça a pris forme. Et puis, Xavier m’a fait rencontrer Da Silva et c’est là que tout a véritablement commencé. J’avais de vagues idées à l’époque mais sans Xavier et Da Silva, les idées seraient restées des idées. Ce sont eux qui ont tout mis en œuvre, qui avaient les contacts, les connaissances et les compétences. Ils ont été les véritables chevilles ouvrières de ce festival.

François Da Silva : Ouh là, attention, moi, je n’ai pas créé le festival ! J’ai tout au plus soufflé l’idée à Xavier, qui a su saisir la balle au bond et en a parlé au Consul !
Xavier Nataf : C’est une idée, que nous avons eu avec François. Ce qui était au centre de nos réflexions et de notre motivation, c’était la création cinématographique, l’implication des créateurs et les messages délivrés par les films… même si nous savions que ça ne plairait pas toujours à la communauté marseillaise. Moi, j’étais convaincu d’y arriver. Le jour où François en a été convaincu aussi, j’ai pu aller voir la Consul général. 

Comment s’est passée la création du festival ?

Tamar Samash : Au ministère, nous avions déjà des films israéliens traduits. L’intérêt de ces films, c’est que nous n’avions pas à payer de droits. Nous devions juste trouver le bon endroit où les diffuser… et le festival de Marseille semblait être le lieu idéal. 
Puis, nous nous sommes dit que pour attirer le public, il faudrait, en plus, faire venir des acteurs, des réalisateurs ou des metteurs en scène. Nous avions conscience que la diffusion des films n’était pas suffisante ; que pour marquer les esprits, il faudrait créer des rencontres, développer la connaissance du pays et de la culture israélienne au travers de débats.

François Da Silva : Au travers de ce festival, comme de tous ceux que j’ai créé par la suite, j’avais envie de montrer comment Israël traversait ses conflits. J’avais envie de montrer à la diaspora juive marseillaise, comment les israéliens vivent leur quotidien et rendent compte de leurs réalités, dans toute la diversité de leur culture. J’avais envie de montrer à la fois les particularités du pays et les points communs que nous pouvions avoir sur des difficultés identiques. J’étais sûr que les marseillais avaient une vision totalement incomplète de la société israélienne et c’est normal, puisqu’ils n’y vivent pas. Mais, je voulais contribuer à faire évoluer leur vision.

Xavier Nataf : Chacun a apporté son savoir faire. Il y a vraiment eu une collaboration entre-nous trois. Par exemple, Tamar a apporté les premiers films et les premiers invités. François, lui, était dans une exigence cinématographique. Moi, je n’avais pas envie d’un cinéma militant. J’avais envie de montrer l’état de la création israélienne. J’avais envie que le seul critère soit celui du cinéma. La Consul était aussi dans cette exigence. Elle voulait vraiment montrer un Israël vrai, un Israël d’aujourd’hui.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées à l’occasion de la création de ce Festival ?

Tamar Samash : La difficulté, c’est que ce n’était jamais le bon moment. A l’époque commençait la 2ème Intifada et les autorités locales craignaient que l’organisation de ce festival soit une source de violences et de conflits. Alors, il a fallu convaincre les sponsors, les autorités locales qui voulaient prévoir une protection particulière du lieu, mais aussi ma hiérarchie, que l’on devait maintenir l’organisation de ce festival. 
Et puis, l’autre grande difficulté, c’était aussi la faible fréquentation du début… Le public n’était pas encore habitué, et il était très frustrant d’avoir si peu de monde, compte tenu de l’implication qui était la notre. 

François Da Silva : Mes plus belles difficultés ont été avec le public. J’ai eu quelques premiers rangs très récalcitrants. Ce festival était très novateur et la communauté marseillaise ne comprenait strictement rien à ce que racontait le cinéma israélien ! Je me souviens d’ailleurs que lorsqu’on avait des débats particulièrement houleux, je me disais que je n’avais pas perdu mon temps. Oui, en même temps, ce sont de bons souvenirs, même s’il y avait beaucoup d’incompréhensions…

Xavier Nataf : Les plus grosses difficultés, nous les avons rencontrées au moment des débats. D’ailleurs, 10 ans après, c’est encore vrai ! On n’était pas là pour montrer un Israël idéal. Ce qui nous intéressait c’était le travail des créateurs, c’était de montrer comment des israéliens parlaient de leur pays, et comment nous pouvions multiplier les regards sur le pays. Le vrai enjeu était d’apporter un « s » aux « Regards sur le cinéma israélien », le nom de notre festival. 
En fait, nous avons eu des difficultés de deux types : le premier avec des juifs communautaires, qui avaient une vision tellement affective du pays, qu’ils ne pouvaient pas accepter que l’on ne montre pas un Israël idyllique et d’autres difficultés avec des gens pas très sympathisants de la cause israélienne

Quel joli souvenir conservez-vous de ce festival ?

Tamar Samash : Je me souviens que nous avions un jeu avec Xavier. Nous pariions sur le temps il faudrait attendre avant que l’on nous demande si le film ne risquait de donner une image négative d’Israël. La question était posée à chaque fois ! On pariait de savoir si ce serait la 2ème ou la 3ème question !
François Da Silva : Comme je vous le disais tout à l’heure, mais plus beaux souvenirs sont tous liés aux débats et aux prises de consciences suscités par les films que nous projetions.

Xavier Nataf : Mes plus beaux souvenirs sont toujours liés à des rencontres. Que ce soit des rencontres avec des créateurs ou des réalisateurs qui venaient défendre leur film, des acteurs qui venaient rencontrer le public marseillais ou tout simplement les rencontres avec le public. Mon grand plaisir, c’est l’animation des débats, c’est ce qui se passe dans la salle tout de suite après la projection, avec un verre, au moment de l’apéro. Ce qui me motive, c’est de créer des émotions. Les spectateurs sortent forcément différents de ce qu’ils sont rentrés : ils peuvent être agacés, énervés, bouleversés, enchantés, émus, pleins de questions et tout cela ne me quitte jamais et c’est ce qui m’éclate toujours après tant d’année.

10 ans après, quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Tamar Samash : 10 ans après, je suis « vachement » fière ! D’ailleurs, ce festival reste mon « bébé » et je continue de le suivre.  Lors de la première édition, nous avions 3 ou 4 films. Aujourd’hui, non seulement, un plus grand nombre de films est projeté, mais de nombreuses activités annexes se sont développées. Ce festival a pris une belle ampleur et je trouve son ambiance formidable ! L’année dernière, je suis revenue à Marseille, justement à l’occasion du festival. C’était la première fois que j’y retournais depuis la fin de mon poste. J’ai été contente de voir la manière dont il s’était développé et surtout que les gens se souvenaient encore de moi.

François Da Silva : je trouve ça formidable ! Quand on a participé à quelque chose qui perdure autant on se sent toujours très fier. Et puis, cette expérience m’aura permis de rencontrer beaucoup de monde et de me forger des amitiés solides. Et même si je n’y suis pour rien, je suis content que le cinéma israélien compte de plus en plus dans le cinéma mondial, et qu’il soit primé régulièrement dans les différents festivals internationaux, comme celui de Cannes.

Xavier Nataf : Je me dit que j’aurais du commencer encore plus tôt ! même si ce n’était pas vraiment possible à l’époque… Pendant 10 ans, on a projeté beaucoup de films, rencontré beaucoup d’artistes, de réalisateurs et j’espère que l’on va continuer à en recevoir. Et ce qui m’éclate le plus, c’est quand même la confiance que m’ont fait les gens, parce que la plupart du temps, ils viennent voir un film qu’ils ne connaissent pas … ils viennent juste, parce qu’il nous font confiance…

4- ITW de Simona Frankel
Questions à Simona Frankel, Consul général d’Israël à Marseille
Le cinéma israélien est de plus en plus plébiscité et récompensé au niveau international.  Cette année encore, 3 films israéliens étaient en compétition à Cannes. Comment expliquez-vous ce succès grandissant ?

Ce succès montre la qualité du film israélien. D’ailleurs, les progrès réalisés se mesurent assez facilement : tout d’abord, nous sommes de plus en plus invités dans les différents festivals internationaux, ensuite de plus en plus de monde vient voir du cinéma israélien dans les salles. Et si l’on peut se féliciter de l’augmentation du nombre de festivals du film israélien en France, il faut également se féliciter de cette même tendance dans le monde entier.  Je suis très fière de cette évolution, parce que je pense que le film est un bon moyen pour connaître la société israélienne et donc faire avancer les relations entre les peuples.

Quel regard portez-vous sur la thématique des films proposés ? en effet, notre regard de Français sur Israël nous pousserait à croire que le conflit israélo-palestinien devrait être au cœur de toutes les réflexions, or, il suffit de regarder la programmation du festival de Marseille pour se rendre compte de la diversité des sujets abordés.

Je ne pense pas que le cinéma israélien doive nécessairement montrer le conflit israélo-palestinien. Même si cela pourrait faire venir plus de monde, susciter plus de débats ou faire plus de publicité, je crois que le rôle du cinéma est de refléter ce qu’est réellement la société israélienne aujourd’hui, de montrer la réalité des conflits internes de ce pays. Je suis d’ailleurs très contente que le festival de Marseille montre d’autres facettes de la société israélienne que le conflit. Cela montre qu’Israël et la société israélienne dans son ensemble ne se résume pas au conflit Israël – Palestine. Cela permettra de connaître le vrai Israël.

Revenons au festival de Marseille « Regards sur le cinéma israélien ». Quelle est l’implication du Consulat dans cette organisation ?

Le consulat est co-partenaire de l’organisation et nous avons un rôle important pour toute la partie administrative. Par exemple, le Consulat se charge  de faire venir les films d’Israël, parfois aussi, de faire venir les artistes. Il est également devenu une tradition que je sois présente lors de l’ouverture et que j’invite mes homologues des autres consulats. Bref, notre soutien à ce festival est total, parce qu’il est du devoir du consulat de promouvoir toutes les activités culturelles israéliennes, qu’il s’agisse de cinéma, mais aussi de théâtre, de danse ou de musique. 

D’après vous, quelle est l’importance de ce festival  pour Marseille?

Ce festival est un moyen intéressant pour montrer la société israélienne aux Marseillais. Il est très important pour nous, de nous faire mieux connaître de nos amis, ici, à Marseille. Ce festival, c’est l’occasion de montrer une activité culturelle dont nous sommes très fiers. Cette année, nous fêtons le 10ème anniversaire de ce festival. Il s’agit de 10 ans de bon travail. Je souhaite que ce festival continue encore longtemps.

 

 

 

5- Petit papier sur la soirée

20 juin : Soirée rock et électro !

Dans le cadre de la 10ème édition du Festival « Regards sur le cinéma israélien », une grande soirée « Made In Tel Aviv » sera organisée à la Friche de la Belle de Mai. Au programme : Izabo, un groupe rock psychédélique mais aussi quatre DJ venus tout spécialement de Tel Aviv, pour l’occasion. 

 

Pour les 10 ans du Festival « Regards sur le cinéma israélien », il fallait marquer le coup, rendre hommage aux cinéastes israéliens mais aussi à toutes les formes de créations, y compris sonores et musicales. Alors, quoi de mieux que l’organisation d’une grande fête avec des artistes issus de Tel Aviv, « la » ville où l’on se rend pour s’amuser, « la » ville où les artistes sont les plus fous, « la » ville où les sons se déchaînent le plus ? « L’idée d’une grande fête pour marquer notre 10ème anniversaire et d’y imposer la marque de Tel Aviv s’est imposée assez naturellement » explique Xavier Nataf, Directeur du Festival Regards sur le cinéma israélien. « Tout d’abord, Tel Aviv est connue, et reconnue, pour le dynamisme de sa jeunesse, pour sa musique, pour ses boites de nuits, pour ses DJ, pour ses excès de toutes sortes aussi… avec l’équipe organisatrice, nous savions donc qu’en allant chercher des artistes là bas, nous obtiendrions l’ambiance que l’on voulait. Ensuite, cette année, Tel Aviv fête ses 100 ans. Nous avons décidé d’organiser la soirée, mais aussi toute la journée du 20 juin, autour de Tel Aviv. Les films projetés ce jour là,  auront tous un lien avec Tel Aviv et le soir, ce seront les musiciens tel-aviviens qui seront à l’honneur. »

 

Le rendez-vous des fêtards sera donc pris, pour le samedi 20 juin, au Cabaret Aléatoire de la friche de la Belle de Mai, à partir de 22h. « Au cours de cette soirée, nous allons réunir tout un panel d’artistes en provenance de Tel Aviv » poursuit Laurent Kouby, l’organisateur de la soirée. « Nous allons commencer notre programmation avec Izabo, un groupe rock psychédélique aux influences orientales et partagées. Il s’agit d’un groupe israélien très prometteur, qui a été repéré il y a deux ans, au festival « Les musicales » de Rennes et qui, depuis, poursuit son ascension. Ils feront deux dates, d’ailleurs en France : la première chez nous, pour le Festival Regards sur le cinéma israélien et la seconde, à Paris, à l’occasion de la fête de la musique. Puis, dès minuit, il y aura une ambiance plus « clubing » avec quatre DJ de la scène pop-électro de Tel Aviv : Kalbata, Walter Einstein Frog, Turtle et Hectik, qui se succèderont avec des sons et des ambiances différentes, jusqu’à 4 heures du matin ! Ces 4 DJ sont assez connus dans le milieu et tournent pas mal au niveau européen. Kabalta, par exemple, se rend régulièrement à Barcelone ou à Ibiza. Alors, comme vous voyez, nous avons mis toutes les cartes de notre côté pour obtenir une bonne ambiance, sympa et réussie ! »

 

Droits d’entrée : 12 € / place en pré-vente sur Digitik.com, site Internet qui permet d’acheter et d’imprimer ses places ; 14 € / place en vente sur place ; et 10 € / place pour tous ceux qui viendront après le concert d’Izabo. 

 

Plus d’infos sur le site : www.laplagesonore.com

 

 

 

Information pratiques :

 

6- Programme général

Tous les rendez-vous du Festival « Regards sur le cinéma israélien »

 

Regards sur le Cinéma israélien

Du 17 au 23 juin 2009

Cinéma Les Variétés

37 rue Vincent Scotto

13001 Marseille

 

10 films, 10 évènements, 10 invités

 

 

Expositions 

1-Inverts de Yifat Gat du 17 au 23 juin, au cinéma Les Variétés

2- « L’histoire du cinéma israélien » de Raphaël Nadjari

 

Soirée Made in Tel-Aviv

Concert du groupe israélien Izabo et performances de 4 DJ : Kalbata, Walter Einstein Frog, Turtle et Hectik

 Le 20 juin, dès 22h au Cabaret Aléatoire

Friche la belle de mai – 41 rue Jobin

13003 Marseille

Partenaires : La Plage sonore et le Cabaret Aléatoire  

 

 

 Apéros 

À partir de 18h, tous les soirs

Ambiance musicale et dégustation de produits et vins israéliens

Apéritif israélien au Comptoir des mélanges, le bar branché du cinéma Les Variétés

 

 

Ciné-comptoir 

Tous les jours (sauf sauf samedi et dimanche) de 19h30 à 20h, émission publique en direct du cinéma Les Variétés et sur les ondes de Radio JM 90,5 Mhz.

Présentée par Elsa Charbit et Xavier Nataf.

 

 

Informations : 04 91 37 40 57   — www.judaicine.fr    

7- Papier sur le site Internet

Judaïciné : le Cinéma sur la Toile !

 

Un outil pratique et moderne pour les fans de cinéma est désormais en ligne ! www.judaicine.fr , site Internet entièrement dédié aux films israéliens ou à thématique juive vient d’être entièrement repensé. Vous y trouverez beaucoup d’interactivité, des vidéos, des interviews, des informations, des annonces d’évènements partout en France et bien d’autres nouvelles encore ! 

 

L’année dernière, plus de 40 000 connexions ont été enregistrées sur le site www.judaicine.fr, soit environ 5 à 6 000 connexions par mois, sur la seule thématique du Festival du Film Israélien à Marseille. Conscients de l’énorme potentiel de ce site, un travail important de modernisation a été entrepris, par toute une équipe de passionnés. « Aujourd’hui, on ne peut plus se passer de la sphère de l’Internet. Après une première année d’expérience, nous avons voulu refondre ce site, pour le rendre plus vivant, plus beau, plus attractif. Nous avons voulu aussi, nous étendre au-delà du Festival du Film à Marseille et mettre en avant l’ensemble de la programmation, parce qu’il y a des Festivals du Film Israélien partout en France, voire même à l’étranger » explique Xavier Nataf, Directeur de Judaïciné.  

 

Mais la vocation de www.judaicine.fr ne s’arrête pas là, puisque le rôle du site sera aussi de mettre du liant entre les différents professionnels liés au cinéma. « Nous avons voulu concevoir ce site comme une plateforme sur laquelle les producteurs pourront s’appuyer pour promouvoir leurs œuvres et les directeurs de cinéma, leurs programmations » explique Michael Ben David, bénévole et responsable du département Multimédia de Judaiciné. « L’idée, c’était de permette un accès facilité à toute l’information,  de relayer tous les évènements, de mettre en avant toutes les sorties de films à thématique juive ou israéliens. Nous toucherons ainsi tous les publics, qu’ils soient privés, c’est-à-dire qu’ils soient simples spectateurs, amoureux du cinéma, ou professionnels. »

 

Car le but de Judaïciné se veut doublement ambitieux : il s’agit d’une part de devenir « le » site de référence sur lequel, il sera possible d’obtenir toutes les informations pratiques, mais il s’agit aussi de relier les différents acteurs, c’est-à-dire d’encourager le public à se déplacer pour aller voir ce type de cinéma ; d’encourager des professionnels à diffuser ces films, et de devenir un contact, un trait d’union, entre les distributeurs, les diffuseurs et les institutions.

 

« Ce que nous avons fait, en créant le site internet www.judaïciné.fr , s’appuie sur une longue expérience de 15 ans en matière de promotion du cinéma israélien, mais aussi et surtout sur l’habitude d’une communication tous azimuts. En effet, nous sommes tout d’abord organisateurs de festivals. Que ce soit à Marseille, à Strasbourg, à Toulouse, à Lyon ou à Montpellier… nous connaissons la pratique de la mise en relais des professionnels et les spectateurs … » poursuit Michael « mais, notre action ne se résume pas qu’à ça ! On est aussi présent sur Facebook, sur Twitter, sur Daily Motion, où nous avons ouverts des pages, qui sont mises à jour régulièrement. Là où le public se trouve, nous essayons d’y être aussi ! Cela nous permet de diffuser l’information le plus largement possible quel que soit les habitudes de connexion du public. Ainsi, on est présent sur toute la sphère internet » conclut Mickael Ben David.

 

L’objectif du site ? devenir également le site où il sera possible de télécharger tous les films israéliens ou à thématique qui existent. « Nous offrirons ainsi une visibilité plus étendue aux créateurs et aux réalisateurs de films, qui pourront présenter leurs œuvres sur une période plus étendue que la durée d’un festival ou d’une programmation classique dans un cinéma » explique Michael Ben David. La procédure de téléchargement sera toute simple : il suffira de se connecter sur le site www.judaicine.fr et de payer le droit de téléchargement pour visionner le film de votre choix. « Nous espérons que tout cela sera en place dans un délais de six mois » explique M. Ben David notre responsable Multimédia. Dont acte Michael ! 

 

8- HORS DOSSIER sur le FESTIVAL

Colloque de Marseille Espérance : entre Religion et Culture

 

Le 17 mai dernier s’est tenue la 6ème édition du forum de Marseille-Espérance sur le thème « Religion et culture, transmission et modernité ». Véritable lieu de rencontres, de réflexions et de discussions entre toutes les religions, Marseille-Espérance a organisé deux tables rondes sur l’écrit et l’image dans les religions. 

 

Plus  de 400 personnes, issues de toutes les communautés religieuses, se sont données rendez-vous à l’auditorium du Pharo, pour écouter les représentants de toutes les communautés religieuses de Marseille. Juifs, Musulmans, Chrétiens, Bouddhistes… se sont réunis pour écouter et échanger sur leurs habitudes et coutumes respectives. Car, par essence, le forum de Marseille Espérance se veut multiculturel : le but est d’éclairer chacune des traditions, chacune des cultures, pour une meilleure connaissance réciproque et donc un meilleur respect entre les marseillais. 

 

« Je suis toujours étonné de surprendre les gens autour de moi, lorsque j’explique que Marseille entretien de nombreux partenariats avec les pays de la Méditerranée. Pourtant cet engagement est non seulement primordial pour une bonne entente entre les différentes communautés qui composent notre cité phocéenne, mais il s’est également révélé essentiel dans notre nomination en tant que Capitale Européenne de la Culture en 2013 » a expliqué Jean-Claude Gaudin, en introduction du colloque. Et Bernard Latarjet, Directeur général de Marseille Culture 2013 de poursuivre « Deux raisons essentielles expliquent la victoire de notre projet culturel. Tout d’abord, notre candidature s’est révélée tout à la fois véritablement méditerranéenne et européenne. Notre longue expérience du dialogue euro-méditerranéen nous a placé au premier plan des grands enjeux contemporains comme les rapports entre les hommes et les femmes, les relations entre les pays de l’Europe et ceux du sud de la Méditerranée, l’enjeu des ressources naturelles fait également parties des grandes questions actuelles… la 2ème raison qui permet d’expliquer la réussite de notre projet c’est notre recherche de sens. Notre projet ne se contente pas d’organiser des manifestations culturelles, mais s’appuie réellement sur un travail de fonds, sur le thème des valeurs et des croyances. Tout cela a construit le grand projet de la capitale européenne de la culture. »

 

Le forum du 17 mai 2009 s’est tenu sur le thème de la Culture et des Religions, s’est félicité le Maire de Marseille qui a souligné ainsi la dynamique qui anime Marseille Espérance « le thème du colloque d’aujourd’hui, s’est décidé il y a plus d’un an, c’est-à-dire bien avant que Marseille ne devienne Capitale européenne de la culture, pourtant déjà, nous avions tous envie d’apporter un message de paix et de tolérance, pour compenser les écarts qui nous séparent de nos voisins et créent des phénomènes d’exclusions. »

 

La table ronde sur l’Ecrit dans les religions a marqué l’importance du livre et de ses interprétations dans la transmission aux jeunes générations. Dans le judaïsme, la loi écrite et la loi orale ont été donné en même temps. « Nos Maîtres ont décidé de codifier la loi orale, c’est-à-dire de transposer nos traditions par écrit, ce qui a laissé la place à beaucoup d’interprétations, voire d’incompréhensions entre les hommes. Pourtant, chacune de ces interprétations fait partie du tout. Elles sont comme le fragment de roche détaché du bloc par un coup de burin : l’éclat n’est certes pas le roc, mais il en issu et en fait donc partie » a expliqué avec poésie l’ancien Grand Rabbin de France René-Samuel Sirat. Pour l’islam, la parole du prophète est à l’origine de tout : loi, philosophie, spiritualité… aussi pendant longtemps, la loi est restée orale, comme à son origine. Puis, la décision de passer à l’écrit a été prise dans le but d’une meilleure transmission. Plus qu’un simple « aide-mémoire », l’écrit est devenu le moyen d’inscrire définitivement la tradition pour les jeunes générations, a expliqué Mohammed Moussaoui, Président du Conseil Français du Culte Musulman. Pour les catholiques enfin, le christianisme n’est pas issue du livre, mais de la parole. « Bien évidemment, la difficulté c’est que nous n’aurons jamais accès aux véritables dire de Jésus… » expliquait Raphaël Picon, de l’Eglise réformée de France « … nous n’aurons jamais que les interprétations des apôtres. Cette distance autorise forcément beaucoup d’interprétations et de critiques dans la transmission du véritable message. Pourtant, c’est justement là que réside la richesse du nouveau testament. La bible n’appartient à personne et nul ne peut être propriétaire d’une interprétation biblique. »

 

Côté Image, la deuxième table ronde animée par Xavier Nataf, Directeur régional du Fonds Social Juif Unifié, a également montré les similitudes et les différences entre les religions. Certaines se méfient des représentations, comme l’islam ou le judaïsme, pour qui les craintes s’appuient essentiellement sur deux points : le refus de l’idolâtrie et la formelle interdiction toute représentation de D., et donc de l’homme, puisqu’il a été fait à son image. A l’inverse, chez les chrétiens, après des siècles de débats, il y a une utilisation de l’image à des fins pédagogiques. Les peuples ne sachant pas lire, images, peintures et icônes avaient pour rôle d’expliquer, de raconter une histoire et de toucher le cœur des gens en recherchant à exprimer la lumière intérieure et l’intensité des émotions des personnages. 

 

La conclusion de ce colloque sur les outils de la transmission (qu’ils soient écrits ou visuels) pourrait être empruntée à l’ancien Grand rabbin de France, René-Samuel Sirat, pour qui « les religions ont beaucoup perdu de leur sens et de leurs transmissions. Il est important de ne pas laisser les enfants sans connaissance et sans valeur. Ce serait comme les priver de l’héritage de leurs anciens, ce serait comme les rendre infirme sur le plan spirituel. Vivre en société, c’est se reconnaître des valeurs communes. Nous devons donc revenir à un enseignement spirituel des enfants, y compris dans les écoles publiques, car cet apprentissage leur sera aussi utile que le pain et l’eau. »