A l'affiche

Sortir du silence


Cette semaine sort le film de Giulio Ricciarelli Le labyrinthe du silence.
Le film se déroule dans les années 50 : l’après-guerre et les Allemands souhaitent oublier le passé et aller de l’avant. Pourtant, jeune procureur va se lancer dans une quête de vérité et de justice sans concession.

Malgré l’opposition sociale et politique, il fera tout pour s’assurer que les Allemands se confrontent à leur passé. L’Allemagne deviendra ainsi le premier pays au monde à poursuivre en justice ses propres criminels de guerre. À travers la quête de ce héros, cette œuvre nous fait découvrir un chapitre historique peu connu, qui a fondamentalement changé le rapport de l’Allemagne vis-à-vis de son passé. C’est un récit captivant, une lutte sans concession pour la justice, portée avec courage et responsabilité.

Les scénaristes ont décidé de raconter une histoire fictive, tout en incluant des personnalités qui ont réellement existé, comme le procureur Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka. Le personnage de Johann Radmann a, pour sa part, été imaginé à partir du parcours des trois procureurs qui ont réellement menés l’enquête à l’époque.

Afin de décrire les événements historiques aussi fidèlement que possible, les scénaristes ont travaillé avec l’historien Werner Renz de l’institut Fritz Bauer. Il a suivi toute la phase d’écriture du scénario et s’est ainsi assuré que les auteurs respectaient les faits historiques essentiels. Pour travailler son rôle, Alexander Fehling a rencontré Gerhard Wiese, l’un des procureurs qui a travaillé sur le premier procès d’Auschwitz dans les années 50.

Ce film questionne sur le sujet de la responsabilité individuelle, toujours d’actualité de nos jours :
 jusqu’où l’obligation de respecter les ordres doit- elle aller ? Jusqu’où l’obéissance doit-elle aller ? L’obéissance dispense-t-elle du devoir d’écouter sa propre conscience ? À quel point devons-nous assumer la responsabilité de nos actes ? À l’époque, pour justifier le procès d’Auschwitz, le Procureur général Fritz Bauer utilisait cette maxime : «personne n’a le droit d’être obéissant» plaidant ainsi que toute personne a le devoir de dire «Non» quand des actes aussi inhumains que ceux demandés par les nazis sont exigés.

Ce film n’est ni dogmatique ni moralisateur mais soutient l’idée qu’il est nécessaire pour l’Allemagne de faire face à son passé. Néanmoins les autres points de vue sont également exposés comme par exemple celui du procureur Walter Friedberg, qui pose une question légitime :

Est-ce vraiment utile que tous les jeunes allemands se demandent si leur père est un meurtrier ?

Ce personnage du film est un bel exemple de la complexité de la situation à cette époque.

Nous avons ainsi souhaité proposer plusieurs pistes de réflexion afin de veiller à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent plus et afin de souligner l’importance de la transmission de la mémoire aux jeunes générations.

|
 

Récemment à l’affiche


Haut de page ↑

A propos

Judaiciné est une agence conseil (réalisation, programmation, distribution),
créateur d’événements (avant-premières,festivals, colloques),
producteur de contenus multimédia (internet, radio, presse),
Judaiciné met en relation les créateurs, les œuvres et les publics.

Newsletter