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Seul contre tous


L’Attentat est l’adaptation du roman du même nom écrit par Yasmina Khadra, qui a connu un immense succès : il a été plébiscité par le public et la critique en 2005, a reçu le Prix des libraires en 2006 et a été traduit dans plus de 40 langues. Le livre est le second d’une trilogie consacrée au conflit entre l’Orient et l’Occident. A l’occasion de la sortie du film, les éditions Julliard vont rééditer le roman.

Histoire :
Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimule sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, israélien d’origine arabe, opère les nombreuses victime de l’attentat. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer que la kamikaze est sa propre femme. Refusant de croire à cette accusation, Amine part en Palestine pour tenter de comprendre.
Réalisé par : Ziad Doueiri
Avec :  Ali Suliman, Reymonde Amsellem, Evgenia Dodina
Durée : 1h45

Les indiscreétions de Judaiciné :

Le réalisateur Ziad Doueiri a étudié le cinéma en Californie et a commencé sa carrière en tant qu’assistant caméraman de Quentin Tarantino sur plusieurs de ses films tels que Jackie Brown, Reservoir Dogs et Pulp Fiction.
Il souhaitait s’affranchir, pour la musique, de toute sonorité arabe et créer une atmosphère typique des années 1960 et de l’ouest américain. Il a fait appel au compositeur Eric Neveux et confie :

« Je voulais avoir l’impression de conduire un film sur la route 66, me fondre dans une atmosphère à la Paris, Texas. Éric était dérouté mais il a fini par prendre sa guitare électrique ! »

Au liban, L’Attentat est sujet à une vive polémique. Le réalisateur s’explique :

« Il y a une campagne menée pour interdire la sortie du film dans mon pays. Le gouvernement libanais a une position ambivalente parce que j’ai violé la loi qui interdit à tous ses ressortissants d’être en contact, même de se faire photographier, avec un Israélien ».

En outre, le choix d’une actrice israélienne Reymonde Amsellem pour incarner une Palestinienne a été violemment critiqué. Ziad Doueiri est admiratif de la volonté de Reymonde Amsellem :

« Reymonde a suivi des cours d’arabe pendant trois mois et j’admire sa ténacité. La loi israélienne interdit aux juifs d’entrer dans les territoires occupés et pourtant, elle est venue à Naplouse, contre l’avis de son agent et des producteurs. Elle a privilégié l’artistique, quitte à en subir les conséquences plus tard. »

Ziad Doueiri insiste sur le fait que L’Attentat est davantage axé sur les relations humaines que sur la politique. Il ne cherche pas être le porte-étendard d’une lutte :

« Le coeur du film est ailleurs : c’est l’implosion d’un couple, suite à la trahison de Siham, l’épouse d’Amine »,

explique-t-il. D’où les zones d’ombre qui entourent Siham. Son geste est inexplicable :

« Nous avons balayé toutes les hypothèses expliquant son geste kamikaze. La solution était ailleurs : il fallait laisser le spectateur libre de toute interprétation. Ce qui importe le plus dans le film, c’est ce qu’Amine apprend sur son couple et sur lui-même. »

Ziad Doueiri est le premier metteur en scène libanais qui a pu filmer en Israël, grâce à son passeport américain. Il raconte :

« Chaque semaine, je passais de Tel-Aviv à Naplouse et au check-point, les soldats m’arrêtaient et me cherchaient des ennuis. Chaque fois, ce passeport m’ouvrait les portes. J’y ai passé onze mois de ma vie, entre les repérages et la fin du tournage. »

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