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Pourquoi pas Libellule ou Papillon?


Le Prénom n’est autre que l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre à succès éponyme et dont ses auteurs, Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, se sont eux-mêmes chargés de la mise en scène.

Histoire :
Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance.
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale… Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

Un film de : Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte
Avec : Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Guillaume de Tonquédec, Judith El Zein, Françoise Fabian, Yaniss Lespert, Miren Pradier, Alexis Leprise et Juliette Levant

Durée :1h49min
Genre : Comédie
Nationalité : Français

Le choix des prénoms attribués aux nouveaux-nés a toujours été un sujet sensible de notre société, agrémenté de désaccords familiaux ou encore d’avis d’amis pas toujours très flatteurs. Le réalisateur Alexandre de La Patellière en a particulièrement fait les frais :

« En bons « bobos » que nous sommes, nous avons donné à nos enfants des prénoms assez originaux. A l’occasion de vacances communes en famille, on a pu remarquer combien cela provoquait des réactions épidermiques, même dans un univers policé comme le nôtre ! », confie-t-il.

Les bonnes raisons d’aller voir ce film

. Pour connaître le fameux prénom…
. Pour les comédiens : excellents.
. Pour les dialogues, intelligents, drôles, brillants.

Entretien avec : Matthieu Delaporte & Alexandre De La Patellière

Vous êtes les auteurs du PRÉNOM, qui avant de devenir un film, a été un immense succès au théâtre…

Alexandre : C’est vrai que ça a été incroyable d’un bout à l’autre. La rencontre et le travail avec Bernard Murat, les premières lectures, les répétitions dans cette mythique salle d’Édouard VII…
Matthieu : Passée l’angoisse terrible de la première, quand on se demande de quel pont on va aller se jeter si personne ne rit, on a vécu une année extraordinaire ! Les représentations complètes tous les soirs, la vie quotidienne en coulisses… Et puis de savoir que la pièce serait jouée dans le monde entier !
Alexandre : Dès la première semaine, on a été contacté par des théâtres allemands et israéliens, les premiers à réagir. C’est là qu’on a compris qu’il se passait vraiment quelque chose.
À quel moment avez-vous décidé d’adapter la pièce pour le cinéma et ensuite de réaliser le film vous-même ?

Matthieu : On vient du cinéma, mais on avait envie de changer d’air. On est parti dans l’écriture de cette pièce sans savoir du tout ce qu’elle allait devenir. On voulait écrire sur des
gens comme nous, parler un peu différemment des liens familiaux et le faire sans les contraintes du cinéma, sans avoir de compte à rendre… En même temps, dès que la
pièce a été terminée, l’envie de l’adapter au cinéma est venue aussitôt.
Alexandre : L’écriture de la pièce est née d’une envie d’indépendance, et c’est ce même désir qui nous a convaincus d’en réaliser l’adaptation. Ce même désir et, pour être honnête, Dimitri Rassam, notre producteur !

On sait qu’une bonne pièce de théâtre ne fait pas forcément un bon film : aviez-vous cette crainte à l’esprit ?

Alexandre : Ce qui était très excitant dans cette aventure, c’était aussi de se confronter à un genre très particulier : le passage de la scène à l’écran. Nous avons donc «fait nos devoirs», en revoyant des pièces aussi différentes que Mélo de Resnais, Le Limier de Mankiewicz, Le Dîner de cons, Le Père Noël est une ordure, les Bacri-Jaoui, mais aussi beaucoup d’autres un peu moins  réussies…
Nous nous sommes rendus compte que les adaptations que nous aimions le plus, qui nous paraissaient les plus justes, étaient celles qui assumaient à la fois le huis-clos et le temps
réel, et qui restaient fidèles à la dynamique de leur concept d’origine.
Matthieu : C’est vrai qu’il y a parfois la tentation de diluer l’histoire en rajoutant des flash-backs, en multipliant les intrigues, en saisissant le moindre prétexte pour sortir du
décor… Notre parti-pris a été de conserver le cœur du récit, la musique du texte, mais en insistant énormément sur le rythme et le naturel du jeu des acteurs. Il fallait faire comme si ces dialogues très écrits tombaient directement de leur conscience. En comédie, tout est une histoire de rythme, un mélange de liberté et de précision. Il faut laisser la vie entrer pour éviter le côté mécanique ou théâtral et en même temps éviter de tomber dans le naturalisme ou le bavardage. Il fallait trouver une écriture cinématographique adéquate…
C’était une obsession, partagée par notre chef opérateur David Ungaro, et elle passait par l’utilisation de toute la grammaire du cinéma : le travelling, la caméra à l’épaule, le plan large, le plan serré, le plan séquence… Nous avons également énormément travaillé sur le rythme avec notre monteuse Célia Lafitedupont.

Avec un atout essentiel : votre texte de base, à partir d’une intrigue de comédie évoquant l’amitié ou la famille, est un reflet assez fidèle de la France d’au-jourd’hui. Quelle était votre idée de départ ?

Alexandre : En bons «bobos» que nous sommes, nous avons donné à nos enfants — 3garçons pour Matthieu et 2 filles pour moi — des prénoms assez originaux. À l’occasion de vacances communes en famille, on a pu remarquer combien cela provoquait des réactions épidermiques, même dans un univers plutôt policé comme le nôtre ! Les autres se permettent alors de rentrer dans votre sphère privée pour donner leur avis sur la question ! Deux choses nous amusaient : que le choix du prénom soit à ce point un sujet sensible, parce qu’il raconte beaucoup de choses sur soi et sur ce que l’on projette de soi, et qu’on s’étonne, nous, que ce choix de prénoms bizarres fasse réagir !
Matthieu : On voulait écrire sur la famille et cette affaire de prénom ouvre une véritable fenêtre sur la société. Qu’il soit classique ou original, de toute façon c’est un choix vis-à- vis des autres ! Il engage lourdement ceux qui le donnent comme celui qui le reçoit. Il y a là-dedans une dimension familiale, religieuse, sociale qui, de fait, condamne votre enfant à vie, même si c’est fait au départ avec amour. Ça nous permettait également de rire de nous-mêmes et je
dois reconnaître que l’on a pris un malin plaisir à se moquer de nos propres choix. Nous avons donc pratiqué une sorte d’humour sado-maso !

Après le succès du Prénom, au Théâtre Édouard VII, Patrick Bruel enchaîne avec le film du même nom. Une histoire drôle et caustique qui lui permet de se montrer sous un nouveau jour. Avec nous, il égrène les mots qui le touchent.
Bruel s’est métamorphosé. Il a définitivement éclipsé l’idole hypertrophiée des années 90 devant laquelle un public hystérique se prosternait, semé l’encombrant tumulte de la « Bruelmania », ôté les oripeaux du grand frère lointain et ténébreux pour gagner en sobriété et trouver dans cette nouvelle ascèse une source de profondeur. Cela doit s’appeler la maturité. Aujourd’hui, à 50 ans passés, Patrick Bruel, dont le sex-appeal demeure intact, assure la promotion du film de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, Le Prénom , tiré de la pièce du même nom qui pendant un an a connu un triomphe sans nom au Théâtre Édouard VII. Le texte est drôle, cruel, politiquement incorrect, au point qu’on s’étonne presque que Bruel, le bobo chic, charmant et consensuel, dont tous les concerts sont de grands rendez-vous d’amour, ait accepté d’en être l’interprète. « Mais, c’est que je suis devenu un briseur de tabous », conclut il, malicieux, en regardant sa montre.  Bon, ce n’est pas le tout, mais maintenant c’est l’heure d’aller chercher mes enfants à l’école.

Mais, quand on sait comment s’appellent les enfants des auteurs de la pièce, Neige et Cassiopée pour les filles d’Alexandre, Bartholomé, Tadhéo et Artemus pour les garçons de Matthieu, on comprend mieux qu’ils aient eu envie d’écrire Le Prénom ! Je suis moqueur, qu’ils me pardonnent. Ils s’y demandent si on a le droit de confisquer des prénoms au prétexte qu’ils ont été portés par des personnages historiques infréquentables… Un beau débat, non ? Mes enfants s’appellent Léon et Oscar, deux beaux prénoms intemporels, très courts, de manière à éviter les diminutifs. Le prénom c’est sacré. Contrairement à ce qu’on écrit, je n’ai jamais changé de prénom. C’est ce que vos parents vous offrent à la naissance. On ne peut pas y toucher.

- Extrait du journal Madame Figaro -

 

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