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Ne pas perdre le fil…


Le petit tailleur moyen métrage de Louis Garrel qui a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs. On y retrouve son goût pour le noir et blanc et ses influences pour le cinéma de la Nouvelle Vague.Retrouvé ce film en DVD.

Théâtralisé le petit tailleur mêle deux récits qui s’opposent et se complètent à la merci d’un jeu de l’amour et du hasard : subtile évocation.

Histoire :

Arthur est l’apprenti-tailleur d’Albert qui le considère comme son fils. La retraite approchant et sa santé fragile, il a choisi Arthur comme successeur. Cette première approche narrative est traitée sur un mode réaliste avec des scènes dans l’atelier et une complicité filiale très réussies.
Tout bascule après une représentation au théâtre, quand Arthur tombe amoureux de Marie-Julie, l’actrice principale de la pièce, insaisissable et mélancolique. Pour la séduire, Arthur lui fabrique une petite robe. Les deux amants décident de ne plus jamais se séparer et se lancent le défi de tout abandonner pour vivre leur amour. Mais Arthur peut-il tout laisser pour vivre sa passion pour elle, même Albert ?

Notes de Louis Garrel,

Louis Garrel pour transcrire cette échappée belle et incertaine l’installe dans un contexte romanesque et imprévisible, évocateur d’un sentiment de finitude et de recommencement. La nuit, la perte, la transmission, la filiation, le sentiment amoureux, la fuite, sont autant d’éléments qui supportent l’inspiration poétique du film.
Par son regard intimiste, personnel et distancié sur ses personnages, le réalisateur séduit par son style d’une grande maîtrise fait de ruptures, entre instants de silence et de dialogues intenses, où sa voix off, en narrateur teinté d’ironie, commente la fiction qui se joue.
On s’attache aux protagonistes et à leur parcours existentiel où Arthur Igual est touchant en amoureux tiraillé et Léa Seydoux incandescente en femme enfant tourmentée.
Et la caméra capte, avec élégance et profondeur, intelligence et sensibilité, la vie rêvée des amoureux séquencée à la réalité qui la dispute dans une construction savamment orchestrée.
Un moment en apesanteur habité par une pop sophistiquée et une écriture cinématographique qui prend, là, son envol…
Au début j’avais envie de filmer  Albert. J’avais le sentiment qu’il viendrait au film avec la longue mémoire de ceux qui ont eu plusieurs vies, et que cela nous servirait, qu’il nous apprendrait deux, trois trucs au hasard d’un plan.

On s’est rendu compte que c’était beaucoup plus qu’un truc anodin, le genre d’histoires que les gens qui ont beaucoup vécu gardent longtemps pour eux, en secret, et qu’ils décident de révéler tout d’un coup (un soir on se dira qu’il a peut être eu envie de le faire avec le cinéma car il y avait, là, la possibilité de fabriquer le souvenir d’un souvenir).

Réalisé par : Louis Garrel

Avec : Léa Seydoux , Albert Grand , Laurent Laffargue

Durée : 43min

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