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Lelouch fait son cinéma


D’un film à l’autre, aux érudits du cinéma et aux passionnés de Claude Lelouch, ce film est une belle réflexion sur le métier de réalisateur. Pour les autres, il est un excellent teaser qui donne envie d’aller se jeter frénétiquement sur les quelques 43 œuvres qui constituent la filmographie de ce grand du cinéma. D’un film à l’autre n’est pas seulement une suite d’extraits de films entrecoupée d’interviews et de making off. C’est surtout une introspection et une véritable confession du réalisateur sur sa vie, ses œuvres, ses hauts et ses bas, ses réussites et ses désillusions. Le réalisateur/producteur/scénariste commente pendant près de deux heures son parcours en toute objectivité, faisant preuve d’autocritique et de sincérité.
Le film commence à toute allure. Nous sommes en 1976. Il est six heures du matin. Un homme roule en Mercedes. Il démarre une virée des plus dangereuses à travers Paris, n’hésitant pas à griller un nombre incalculable de feux rouges, manquant de se faire renverser à de nombreuses reprises et bravant les lois du code de la route avec une aisance assez déconcertante. La scène est cocasse et le bruit du moteur résonne dans nos têtes. L’homme se gare finalement à Montmartre et retrouve sa bien-aimée pour la serrer dans ses bras. Une scène d’anthologie qui nous permet d’entrer dans le vif du sujet.

La voix off de Claude Lelouch résonne soudainement au bout de quelques minutes et nous commente la scène. Comme il le dit lui-même, c’est peut-être cela sa philosophie du cinéma : savoir prendre des risques, foncer et ne rien regretter. Il souligne également son grand intérêt pour la musique et souligne sa complémentarité avec l’image : « L’image, c’est le faire-valoir de la musique ».
C’est ensuite une série de scènes de vie, d’interviews croisées et de scènes cultes qui nous sont offertes pour mieux se replonger au cœur de la démarche artistique de Claude Lelouch.

Des prises de positions artistiques fortes que l’on retrouve dans le choix narratif de ce documentaire. Toute l’originalité du film réside dans ce choix qui ouvre une réflexion très intéressante : Comment peut-on être le narrateur de sa propre Œuvre ? Que choisit-on de dire et de ne pas dire ? Quelles erreurs assume-t-on ? Quelles leçons en tire-t-on ?
A travers ce processus narratif, Lelouch réussit à impliquer avec brio le spectateur au cœur de sa démarche artistique. On comprend ses choix et ses doutes et la difficulté du métier de réalisateur.

Né avec la Nouvelle Vague, mais jamais reconnue par elle, Il commente ses aventures comme l’œuvre d’une vie consacrée au cinéma et aux personnes qui l’ont entouré. C’est en 1960 que Claude Lelouch prend ses distances avec le mouvement qu’il considère hautain et qui ne représente pas une réelle révolution artistique. Se démarquer de la Nouvelle Vague est un symbole fort qui lui vaudra d’être critiqué mais aussi adulé pour ses prises de positions.

Réalisé par Claude lelouch

Avec Claude Lelouch
Long-métrage français .
Genre : Documentaire

Durée : 1h44min
Année de production : 2009

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