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Le travestissement est-il une tentavive pour être aimé?


Presque 30 ans après sa sortie sur grand écran, Zelig ressort en salle et nous remarquerons que le thème du film est toujours d’actualité. Ce besoin d’être aimé et surtout non rejeté qui pousse le personnage à tous ces subterfuges.

Bien avant son film Match Point avec Scarlett Johansson, Jonathan Rhys-Meyers, le réalisateur Woody Allen nous avait habitué à ces histoires louches où règne le mensonge et le sexe.
Avec Zelig, la table est mise pour mettre en scène le faux. Les actualités nous rappellent celles d’Orson Welles et son Citizen Kane : les faux documentaires, les pseudos reportages.
Nous sommes tous un peu faux.  Zelig, personnage est joué par Woody Allen est une chronique majestueuse sur l’étonnante faculté qu’on les gens à ne pas être se qu’ils sont en réalité. Essai thérapeutique sur le caméléonisme et la peur d’être différent. La filmographie de Woody Allen est exploite souvent ce thème…

Histoire:
Leonard Zelig relève, dans ces années trente, d’un cas peu ordinaire. Obèse, boxeur ou écrivain, il prend l’apparence de tous ceux qu’il côtoie. Eudora, en psychanalysant Léonard, découvre que celui-ci souffre d’un cruel besoin d’amour.

Réalisé par Woody Allen
Avec Woody Allen, Mia Farrow, Patrick Horgan.

Genre Comédie dramatique, Fantastique

Durée : 1h39mn

Nationalité Américain

Le film aborde deux types de mascarades. Le mensonge conscient fait volontairement aux autres pour se prémunir ou pour éviter les confrontations et les mensonges qu’on se joue inconsciemment à soi-même. Plus la société sera permissive, plus les gens ressentiront le besoin maladif d’être conforme et normaux. Paradoxal. La peur d’être soi-même pousse à être comme les autres. Le film pose la question de l’inconsistance de la personnalité, instance indéfini et malléable. Qui se fond dans le décor, tel le reptile camouflé.

Dans Zelig, commencé en 1980 et terminé en 1983, W. Allen semble réaliser un rêve impossible : en effet, le brillant intellectuel juif qu’il est, encombré d’un  » moi  » obsédant au point de constituer le centre de toute son oeuvre, peut enfin, le temps d’un film et sous les traits de Leonard Zelig, ressembler à Monsieur Tout-le- Monde, noircir lorsqu’il est avec un Noir, sentir ses yeux se brider lorsqu’il rencontre un Asiatique, être une sorte d’homme-caméléon sans personnalité.
Zelig fait le constat d’une Amérique bipolaire, intolérante et lubrique. Un juif dans l’uniforme d’Hitler ? La fausse abondance des années folles. L’idéologie du vrai est souvent un rêve idéalisé alors que le faux devient un exutoire pour le Mal. Zelig agit tel un miroir de l’Amérique insouciante prête à se créer des idoles durant l’espace d’un film. Des Stars filantes crevant aussitôt.
Chaque thème propre à Allen est porté ici à son paroxysme. D’abord, la psychanalyse, traitée avec humour et distance. Par l’intermédiaire de son homme caméléon, Léonard Zelig, Allen aborde les thèmes de la différence et du conformisme. Il réussit également à approcher de très près l’univers Kafkaïen dans la perte d’identité de son « caméléon-métamorphose ». Deuxième thème, l’univers juif, paranoïaque au point de faire se rejoindre historiquement Zelig et Hitler, le tout dans un humour délirant, évidemment.

Enfin, le thème des amours difficiles, trouve ici un traitement clairement optimiste. Zelig ne signifie-t-il pas bienheureux en Yiddish ?

Zelig a été nommé deux fois aux Oscars en 1984, pour le prix de la Meilleure photographie et pour celui de la Meilleure création de costumes.
En 2007, un psychologue italien a découvert une maladie rare qui affecte les patients de la même manière que Leonard dans Zelig (les transformations physiques en moins). En hommage au film, ce syndrome est devenu le syndrome Zelig !

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