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Le chat,prêt à tout…même à faire sa Bar-Mitsva !


Le chat,prêt à tout pour rester auprès de sa maîtresse…même à faire sa Bar-Mitsva !

Après neuf ans d’existence dans les rayons BD, Le Chat du Rabbin prend donc vie d’une manière tout à fait merveilleuse au cinéma, celle d’une fable multicolore, universelle et qui force la réflexion sur soi et les autres, porté par le son enivrant des darbouka.

S’il a pris tout le monde de court en offrant un hommage enchanteur à Serge Gainsbourg sous forme de conte délicieusement merveilleux, Joann Sfar avance cette fois en terrain conquis avec Le Chat du Rabbin, adaptation de sa célèbre série de bande-dessinée. Et pourtant, loin de se reposer sur ses lauriers, sans perdre ni sa fougue, ni sa sagacité, en ne sacrifiant ni son humour ni son style, le réalisateur-scénariste-conteur trouve encore le moyen de nous étonner, de nous enivrer, de nous faire rêver et réfléchir avec un conte coloré incroyablement intelligent. Grâce à un casting de voix trié sur le volet.  Le Chat du Rabbin prend vie et la forme d’une fable intelligente et profondément humaine, une ode à la tolérance, au respect de l’autre et de ses croyances. Un univers enchanteur au message simple comme bonjour mais dit avec beaucoup de pudeur et d’audace… A conseiller autant aux familles, aux écoliers qu’à certains politiques !

Histoire :
Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l’éloigne

r. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d’elle… même à faire sa bar mitsva ! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de loi mosaïque ! Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l’aider, son chat commet le sacrilège d’invoquer l’Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d’une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale…

Réalisé par Joann Sfar, Antoine Delesvaux
Avec François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi.

Long-métrage français , autrichien .

Genre : Animation

Durée : 1h40min

Année de production : 2009

Propos de Joann Sfar :

Qu’il me soit permis, en ces temps de déplacements promotionnels, de faire l’éloge des bandes dessinées. Voilà un mode d’expression visuel qui parvient à expédier l’écriture du graphomane au récipiendaire dans un minimum d’agitation logistique. A l’instar des autocontacts intimes, la bande dessinée rassure, dédramatise, projette le malade qui la pratique directement dans l’univers du récit. L’écriture sans images aussi? soit. Mais lorsqu’on a envie d’écrire pour le cinéma, j’ai tout de même l’impression que la bande dessinée offre un catalyseur incroyable. Je m’aperçois que je suis pratiquement incapable d’écrire des choses avec marqué « scène 2, intérieur, le personnage se branle la nouille ». Ma méthode, depuis que j’ai

appris à lire dans les bandes dessinées de Kirby, c’est de tracer un cadre et de mettre à l’intérieur tout ce que doit contenir mon plan, y compris le texte.

Cette nécessité d’envisager le volume du texte dans la composition d’une case nous évite de nous noyer. Même si on veut faire long, bavard, abscons, déséquilibré, il y a une limite à la quantité de texte que peut contenir une case de bande dessinée. Le temps où la lecture du texte n’oblitère pas totalement la contemplation de la case. Je ne sais pas comment font les autres scénaristes, mais dans mon cas, si on m’enlève mes cases de bandes dessinées, je ne peux pas écrire de cinéma. Ca permet aussi de proposer une organisation non-linéaire du récit. Est-ce que ça vous a échappé, que les deux plus grandes propositions scénaristiques de l’an dernier sont construites de façon étrange, enfin selon moi, il s’agit de Social Network et De Red Dead Redemption. Dans les deux cas, l’histoire bénéficie par moments de grosses dilatations et au contraire, parfois, elle se chevauche et s’accélère. Là aussi, la bande dessinée m’emmène sur un chemin intéressant, dans lequel ajouter ou couper se fait dès le début dans la contemplation des possibilités visuelles. Est-ce qu’on les fait dessiner, dans les fermes de scénaristes? On m’a dit que oui. Il paraît qu’ils font ça en A

mérique, de tracer des cases et de fiche des bulles dedans. Le plus intéressant, c’est quand ça ne ressemble pas, entre la bande dessinée et le film. Dans la bande dessinée de Gainsbourg, c’est très pornographique et dans le film non. Je ne crois pas que c’était de la pudeur. Je déteste ces idées idiotes « un film adapté d’une bd ». Quand on fabrique soi-même les deux, il s’agit de la même oeuvre. Je ne sais pas écrire pour un jeu vidéo, alors ma façon d’atteindre une non-linéarité qui me rappelle celle des jeux Rock Star consiste à oeuvrer en même temps sous la forme de séquences dessinées, de propositions dactylographiées et de travail de comédien. C’est selon cette méthode, à mes yeux, que j’évite de me perdre. La pire chose qui pourrait m’arriver serait de perdre mon dessin. J’ai besoin de conserver ce mode d’écriture emberlificoté au centre duquel trône le dessin. J’ai besoin aussi, qu’on ne considère pas comme du « making-of » ou comme un reliquat d’enfance, ou comme du marketing, mon envie d’écrire en bandes dessinées, même quand je prépare un film. J’ai été assez aterré que personne ne voie le gros livre de Gainsbourg comme un ouvrage de bandes dessinées. Si on l’ouvre aujourd’hui, loin du battage de la sortie du film, et si on le relit, je crois vraiment qu’on peut le recevoir comme le troisième volume de Pascin, puisque Pascin était Gainsbourg depuis toujours. Ce qui m’intéresse le plus, c’est de faire en bande dessinée la chose la moins cinématographique possible, puis de se demander comment elle peut être dite, non pas sur un écran, mais par des acteurs. La transmutation, selon moi, se produit dès la première lecture par les comédiens, à condition qu’on ait choisi ceux qui conviennent au récit que l’on élabore. Et puis j’aime aussi cet éternel retour pendant le tournage, quand je ressors les aquarelles et que je dessine

d’après nature un comédien qui interprète un personnage imaginaire. Ca crée un tourbillon. Tout mon travail a systématiquement fait usage d’oppositions dialectiques. Construire un récit en opposant, en faisant danser ensemble le dessin et la parole du comédien, c’est d’une richesse inépuisable selon moi. Il y a aussi cet aspect très grec de l’exotérisme et de l’ésotérisme. Une partie d’un discours s’adresse à tous et l’autre relève de l’initiation. J’adore cette idée là, que la même histoire puisse se développer au cinéma et en bandes dessinées, dans la certitude que les gens qui la recevront ne seront pas exactement les mêmes. Mignola, pour évoquer son Hellboy en film et en live parlait d’univers parallèles. Pour moi, c’est comme s’il était question de s’adresser à deux universités différentes, pour proposer une vision tragique. A quel moment on rit dans une bande dessinée et dans un film? Est-ce qu’on écrit de la même façon un texte qui sera lu et une parole dite? A qui faut-il montrer les dessins pendant la préparation du film? Faut-il nécessairement que le livre pré-existe au film? Est-ce qu’on peut sortir de la logique du produit dérivé et accepter une proposition globale de création? J’aimerais bien.
Sans ça, tour de France avec le Chat du Rabbin!
à bientôt.

Joann

Les voix :

Pour les voix des personnages, Joann Sfar s’est entouré de comédiens qu’il apprécie, et qui ont tous un parcours différent. François Morel vient de l’improvisation, Maurice Bénichou du théâtre classique et Hafsia Herzi s’est fait connaître grâce au cinéma populaire d‘Abdellatif Kechiche. La voix du prince du désert a été la plus difficile à trouver. Joann Sfar voulait une voix qui évoque « la haute civilisation et la douceur », d’où le choix du très distingué Mathieu Amalric. Les géants, quant à eux, parlent leur propre langue comme l’explique Joann Sfar : « J’avais d’abord envisagé de les faire parler en véritable araméen. J’avais donc réuni des comédiens africains et un professeur d’araméen, mais cela n’a pas du tout fonctionné : nous avons finalement inventé une langue! » Comme le résume Antoine Delesvaux : « La vraie leçon du film, c’est que plus les voix sont travaillées, meilleure est l’animation ! »

La musique :

Olivier Daviaud, le compositeur du film, avait travaillé sur Gainsbourg – (vie héroïque). Mais le processus pour Le Chat du rabbin a été très différent comme l’explique Joann Sfar : « Son travail s’est révélé très différent de celui effectué sur Gainsbourg – (vie héroïque) qui impliquait un enregistrement de plus de six mois. Cette fois, au contraire, nous avons reuni en studio, pendant un laps de temps très court, le Amsterdam Klezmer Band (un version kelzmer de spoques) avec Enrico Macias et ses musiciens, qui viennent tous d’Algérie. Pendant une dizaine de jours, ils se sont livrés à une série de duels musicaux. Chacun parlait donc avec sa propre voix – Enrico avec sa guitare andalouse teintée de sonorités tziganes puisqu’il jouait du Djando Reinhardt à Contsantine. » Antoine Delesvaux résume ainsi, le travail effectué : « Olivier Daviaud a joué un rôle de catalyseur entre ces différentes cultures ».

Deux origines pour un nom :

Le nom de famille Sfar, est d’origine juive mais aussi arabe. C’est pour évoquer cette double origine, que Joann Sfar a donné le même nom au rabbin et au cheik.

 

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