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Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) en DVD


Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines), un film d’Arnaud Desplechin tourné aux Etats-Unis et présenté en compétition au Festival de Cannes 2013, est aussi étrange que passionnant.

Arnaud Desplechin filme des périples : un homme qui veut redonner à une tête décapitée son identité (La Sentinelle) ; une jeune actrice qui tente, de répétitions en répétitions, de devenir une vraie comédienne (Esther Kahn). Le parcours, ici, est double : celui d’un réalisateur français qui part tourner un film en Amérique – Desplechin himself… Et celui, effectué des années plus tôt, par un psy, Français lui aussi, qui se glisse dans l’esprit d’un Indien traumatisé. Mathieu Amalric incarne le médecin, et Benicio Del Toro (nettement plus sobre que d’habitude), l’Indien. On les sent, d’abord, craintifs, tous deux, inquiets l’un de l’autre, exactement comme Arnaud Desplechin, intimidé, sans nul doute, de tourner en langue étrangère dans un pays inconnu. Et puis, les deux comédiens s’apprivoisent visiblement, de même que le cinéaste fait siens des gens et des lieux inconnus. Le tout aboutit à ce film étrange et passionnant, très différent des précédents films du cinéaste (plus accessible, plus charnel) et pourtant fidèle à son univers, puisqu’il s’agit, encore d’une fois, d’une quête. Une tentative de rendre le monde un peu plus clair..
Jimmy P. s’inspire d’un récit, Psychothérapie d’un Indien des Plaines, publié en Amérique au début des années 50 : le récit, séance après séance, d’une cure effectuée par un médecin sur un traumatisé de le seconde Guerre mondiale, dans un hôpital de Topeka. Le traumatisé, c’est Jimmy Picard, un Indien blackfoot victime de troubles inexpliqués : vertiges, maux de tête, cécité temporaire. Le médecin, c’est Georges Devereux, un juif d’origine roumaine à la croisée de l’anthropologie et de la psychanalyse, considéré par ses pairs comme un trublion insolent.
Desplechin filme les progrès mutuels du médecin et de son patient avec le lyrisme de François Truffaut face à son « enfant sauvage ». Entre deux séances de travail, apparemment identiques, qu’une mise en scène aérienne rend toutes différentes, il y a les pauses. Notamment celle du psy avec une maîtresse française (Gina McKee, formidable), partagée entre deux hommes et deux vies. Moments tendres, sensuels et nostalgiques, puisque comptés. On y sent le goût du cinéaste pour les liens éphémères, qu’ils soient amoureux ou amicaux. Rien ne dure, certes, mais le film est, précisément, une ode à la complicité qui unit les êtres et perdure après leur séparation même. C’est cette fraternité qui émeut. Cette foi dans ce qu’il y a de plus mystérieux et de plus troublant chez l’homme : le pouvoir de s’aider, – sinon de s’aimer – longtemps. Arnaud Desplechin est un humaniste : il est aussi décalé dans ce monde que ses héros. Donc, forcément rare et précieux.

 

L’Histoire :

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles : vertiges, cécité temporaire, perte d’audition… En l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d’un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux.

Réalisé par Arnaud Desplechin avec Benicio Del Toro, Mathieu Amalric, Gina McKee

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