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Georges Federmann et son divan


En salle depuis le 16 mars, Le divan du monde, un film de Swen de Pauw

Dans le cabinet de Georges Federmann, psychiatre atypique, consultent des patients français et étrangers. Originaires du quartier, du village voisin ou d’un autre continent, Diane, Gilbert, Karim ou encore Claudine viennent confier ici leur histoire. Pour certains il s’agit de trouver un refuge, une oreille attentive, pour d’autres c’est l’envie de vivre qu’il faut préserver.

C’est en 2001, dans le cadre d’un travail universitaire, que Swen de Paw a rencontré une vingtaine de psychologues et Georges Federmann était l’un d’entre eux (et même le dernier !). Le réalisateur se rappelle : « Nous avons beaucoup de choses en commun qui font que nos trajectoires se sont croisées. C’était comme une évidence à ce moment-là : il fallait filmer. J’ai commencé à travailler dessus deux ans après, je pense. »

La question très complexe de savoir si les patients acceptent ou non d’être filmés a été posée depuis le début du projet. « Le fait qu’on soit trois à l’intérieur de la pièce et plus seulement deux. C’était très compliqué. Ça a pris au moins deux ou trois ans pour expliquer le projet à tous les patients. Ceux qui voulaient participer au projet venaient les jours où nous étions là, c’est à dire deux jours par semaine. Le deal était qu’à partir du moment où je commençais à filmer je puisse tout filmer, qu’ils ne choisissent pas leur consultation ni leur jour. Eux évidemment, pouvaient arrêter le projet quand ils voulaient et demander à voir les images. On leur avait donné des cessions de droit ou des autorisations de tournage qu’ils ramenaient chez eux et dont ils discutaient avec leur famille, puisque ça impliquait aussi parfois indirectement leurs proches. Ils pouvaient revenir six mois après et dire : « non en fait, c’était une mauvaise idée, je ne veux plus le faire ». Dans ce cas, on effaçait tout, et évidemment ces patients-là ne font plus partie du projet final », confie Swen de Paw. Georges Federmann explique avoir, avec un tel procédé, « trahi » l’éthique, mais au nom de la liberté.

 

Le divan du monde a été projeté en première mondiale au FIDMarseille en 2015 et a été récompensé par le Prix du Groupement National des Cinémas de Recherche

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