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Cheyenne de vie


Réunir un criminel nazi et une ancienne rock star âgée de 50 ans dans une même histoire. Tel était le point de départ de Paolo Sorrentino pour sa quatrième sélection à Cannes. Résultat, This Must Be the place rompt merveilleusement avec Il Divo, prix du jury en 2008, pour nous montrer à la fois la quête initiatique d’un homme, incroyable Sean Penn, et sa sortie de crise dépressive. This must be the place en DVD.

La vengeance d’un fils ? Cela ne résumerait qu’en partie le nouveau Sorrentino. Car ce film creuse et croise plusieurs thèmes. La filiation bien entendu, la nécessité de tuer le père pour aborder les rives de l’âge adulte. Mais aussi la malédiction qui pèse sur les descendants des monstres du IIIème Reich. Ou encore, plus largement, à travers le rock, une manière d’appréhender notre société et la place de l’art, de la culture. Une musique que Sean Penn envisage comme une maladie nécessaire.

« La maladie d’une société de politesse. Ce film est une poursuite pour sortir de la dépression. Et, je crois, que le rock est une musique née de la dépression, un outil pour en sortir », a confié l’acteur-réalisateur en conférence de presse suivant la projection.

Réalisé par Paolo Sorrentino

Avec Sean Penn, Judd Hirsch, Kerry Condon,
Long-métrage français , italien , irlandais .

Genre : Drame , Romance

Durée : 1h58min
Année de production : 2011

Oui, ce film est une analyse à ciel ouvert, un journal intime tourné en format scope qui s’interroge sur la nécessité de venger nos pères, ou à tout le moins de les aimer. Un connais-toi toi-même qui aurait pour agora socratique les larges espaces de l’Utah et du Nouveau Mexique. C’est là l’autre grande force du film, d’avoir perdu le héros dans l’immensité américaine. On songe bien entendu à Paris Texas, une référence à Wenders que Sorrentino ne renie pas, même si, confie-t-il, il la croyait enfouie dans les profondeurs de sa mémoire. Harry Dean Stanton (mais si, vous vous souvenez, l’homme à la casquette rouge) vient d’ailleurs faire la jonction entre ces deux grands réalisateurs lorsque son personnage, improbable inventeur de la valise à roulettes, aide Cheyenne à retrouver le nazi de l’histoire. Sorrentino aurait pu clore son film par l’image de l’ancien tortionnaire nu dans une neige grise, cendrée. Un vieil homme desséché, vidé de l’intérieur. Il en a décidé autrement. Preuve que Cheyenne a vaincu son signe indien.

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