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Appelfeld et Gitaï à lire et à voir


Épicentre Films a la bonne idée de sortir un coffret DVD/livre de Tsili incluant le film d’Amos Gitaï et le roman d’Aharon Appelfeld dont il est tiré.

Tsili, le film d’Amos Gitaï, est tiré du roman d’Aharon Appelfeld; c’est le récit de la jeune Tsili, 12 ans en 1942. Ses parents ne l’aiment pas beaucoup et quand la guerre atteint leur village ils décident de partir en laissant à Tsili le soin de garder leur maison. Pour survivre, elle cache ses origines juives et sort de son village à la recherche de nourriture. Elle trouve du travail dans des fermes, se fait exploiter en échange de quelques bouts de pain. Battue par certains de ses employeurs, elle décide d’aller vivre dans la montagne. Marek, un homme échappé des camps, s’installe dans son refuge. Mal commencée, une histoire d’amour naît entre eux. Mais Marek disparaît et Tsili doit à nouveau fuir…Une composition entre rigidité et évanescence.

Pour incarner l’histoire de Tsili, j’ai choisi d’utiliser trois personnages féminins : 2 actrices, Sarah et Meshi, qui n’ont pas le même âge, et une voix de femme, celle de Leah Koenig. Comme si les jeunes femmes survivantes de cette génération avaient des biographies trouées à cause de l’Holocauste. Comme si leurs années de jeunesse et de plaisir manquaient et ne leur avaient jamais été rendues. Le film a été tourné en yiddish, la langue de la diaspora européenne. Je me suis inspiré de ces mots d’Aharon Appelfeld à Philip Roth :
« La réalité de l’Holocauste a dépassé n’importe quelle imagination. Si je m’en étais tenu aux faits, personne ne m’aurait cru. Mais dès l’instant que je choisissais une fille un petit peu plus âgée que moi au moment des évènements, je soustrayais l’ « histoire de ma vie » à l’étau de la mémoire, et je la cédais au laboratoire de la création, dont la mémoire n’est pas le seul propriétaire. La création requiert des causes, un fil conducteur. L’exceptionnel n’y a droit de cité que s’il s’intègre dans une structure globale, et qu’il contribue à la faire comprendre.
Quand j’ai écrit Tsili je m’intéressais à l’art naïf. Peut-il encore exister un art naïf à notre époque ? Il me semblait que sans la naïveté propre aux enfants, aux vieillards – et dont il reste quelque chose en nous – l’ouvre d’art serait défectueuse. J’ai tenté de corriger ce défaut. »

Yiddish, ukrainien, polonais, allemand et russe – sous-titres français
Avec Sara Adler, Meshi Olinski, Lea Koenig, Adam Tsekhman, Andrey Kashkar, Yelena Yaralova

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