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« Tu n’aimeras point » ou l’histoire d’amours interdites…


Inutile d’aller chercher midi à 14 heures pour expliquer la présence récurrente du cinéma israélien sur les écrans : elle tient au surprenant réservoir de talents sur un petit territoire et à la puissance critique dont les réalisateurs témoignent à l’égard des maux du pays.

Le premier long métrage de Haïm Tabakman, Tu n’aimeras point, remarqué au dernier Festival de Cannes, possède à très haute dose ces deux vertus.
Un boucher orthodoxe de Jérusalem, marié et père de famille, s’éprend avec une passion irrépressible d’un jeune étudiant d’une école talmudique.
Familier des grincements politiques et des couples improbables, jamais le cinéma israélien n’était allé aussi loin dans ce que l’on pourrait tenir pour une scabreuse provocation. Il faut donc voir le film pour prendre la mesure d’une oeuvre sensible et subtile, qui ne simplifie rien, et qui parvient à nous attacher, comme si de rien n’était, à son récit et à ses personnages.

Il y a là, au vu de la délicatesse et du péril du sujet, la matière d’un exploit.

L’histoire : Aaron, boucher d’une communauté de stricte obédience cloîtrée dans un quartier réservé de Jérusalem, vient de perdre son père. Tandis qu’il rouvre la boutique sous une pluie battante, un jeune homme venu d’ailleurs, étudiant talmudique en quête d’un travail et d’un logement, s’y abrite.

À la recherche d’un employé, le taciturne Aaron finira par engager Ezri, en le logeant provisoirement dans sa boutique. Le mystère qui entoure Ezri, sa beauté ténébreuse, la liberté intérieure qu’il s’autorise à l’égard du joug de la Loi juive, ouvre insensiblement en Aaron, réglé comme un métronome sur les commandements de sa foi et les us de sa communauté, une brèche qui se transforme bientôt en abîme.
La boucherie deviendra le lieu où les deux amants se cachent, avant que la rumeur puis le scandale et les menaces ne finissent par les déloger, plaçant Aaron devant le choix de la rupture familiale et sociale ou du renoncement à sa passion.

Réalisé par Haim Tabakman
Avec Zohar Strauss, Ran Danker, Ravit Rozen.
Film français, allemand, israélien.
Genre : Drame
Durée : 1h 30min.
Année de production : 2009
Titre original : Einaym Pkuhot
Distribué par Haut et Court

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