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Désir ou Liberté?


The Slut, ou, La Femme qui aimait les Hommes de l’Israélienne Hagar Ben Asher qui n’a pas hésité à mouiller la chemise pour son premier long métrage : elle ne signe pas seulement le script, elle joue également le premier rôle.

Histoire :
Tamar, une belle jeune femme de 35 ans, vit seule avec ses deux fillettes. Elle multiplie les relations sans lendemain avec les hommes de son village. Mais un jour, Shai, un jeune vétérinaire, revient s’installer dans la région et tombe sous le charme de Tamar. Une intense relation nait entre eux. Mais Tamar pourra-t-elle se contenter d’un seul homme ?

Realise par : Hagar Ben Asher
Avec : Hagar Ben Asher, Ishai Golan, Itcho Avital
Genre : Drame
Nationalité : Israélien
Titre original  : The Slut
Durée : 1h27

La Femme qui aimait les Hommes, ne vous attendez pas au remake féminin du film de François Truffaut L’homme qui aimait les femmes. Nouvel exemple de la fantaisie, désormais tristement célèbre, des adaptations françaises de titres originaux de film, celui de La Femme qui aimait les HommesThe slut – en dit plus sur le ton et le propos du film. Dans le village abandonné qui sert de lieu abstrait au film de Hagar Ben Asher, point d’harmonie et d’équilibre du globe terrestre donné par le compas des jambes de Tamar, c’est même tout le contraire.

Monde instable donc que celui de La Femme qui aimait les hommes, les intérieurs, où la sécurité affective étouffe dans l’ennui de la cellule familiale, sont toujours ouverts au vent, au souffle d’une liberté abrupte. Découpés par les fenêtres au sein du plan, d’autres plans font contraster et alterner le dedans et le dehors sans que l’on puisse savoir lequel fait peser sa menace sur l’autre. La photographie et la composition des plans, la mise au point qui joue sur différentes échelles de plans, tous ces éléments jouent si bien du sublime de l’image qu’on a parfois l’impression que les personnages se meuvent, comme dans les vieux films, devant un écran, consumés par la pellicule aride de cette nature, humaine et naturelle, que décrit avec art Hagar Ben Asher.

C’ est le deuxième film d’Hagar Ben Asher où elle porte à la fois la casquette de réalisatrice et d’actrice principale. Concernant son double rôle dans ce film, elle explique :

La raison pour laquelle j’ai joué dans mon film reste encore un mystère. Je n’avais pas cette envie-là en-tête lorsque j’ai écrit le scénario. Quand j’ai commencé à travailler sur la préparation du film, j’ai vu beaucoup d’actrices pour le rôle, certaines bien meilleures que moi. Et pourtant… Peut-être qu’au fond de moi-même, je pensais que c’était mieux pour le film. Peut-être la peur m’a t-elle animée. Ou une certaine confiance dans mes capacités. Ou peut-être que je n’ai pas résisté à la volonté d’attaquer ce film par toutes ces façades.

La Femme qui aimait les hommes a été sélectionné au Festival de Cannes 2011 dans le cadre de la Semaine de la Critique. Le film a été nommé pour la Caméra d’Or, le Grand Prix de la Semaine de la Critique, ainsi que les prix SACD et ACID.

Selon la réalisatrice Hagar Ben Asher, l’intérêt de situer le film dans un village isolé réside dans l’idée de faire vivre l’histoire dans un territoire indéfini. Selon elle, son film est un récit hors du temps : « Je pense que l’abstraction d’un endroit abandonné de tous concentre l’attention sur l’essence des personnages et non sur leurs motivations sociales. Mon but était de présenter cette histoire comme un conte. »

A propos de sa vision de ses personnages, la réalisatrice Hagar Ben Asher raconte :

« Comme la plupart des films, celui-ci aussi traite de l’âme humaine ; mais je ne cherche pas à l’expliquer, à lui trouver des excuses, à la juger ou à la condamner. Je l’interroge seulement. Mes personnages n’ont ni une conscience exacerbée d’eux-mêmes ni ne sont falots. Aucun d’entre eux n’est une victime ultime, ni un persécuteur inconditionnel. La rencontre de deux êtres crée une situation conflictuelle »,

confie-t-elle, en poursuivant :

« La violence fait partie intégrante de ce qu’on appelle l’amour, car l’amour est un des composants essentiels de la violence. Dès les premiers instants, la fin est déjà présente. Tamar et Shai voient dans le potentiel de cette relation le moyen d’assouvir leurs désirs les plus profonds. »

C’est un film qui aborde plusieurs sujets, comme la thématique du désir ou celle de la liberté. La réalisatrice Hagar Ben Asher explique comment l’idée du film lui est venue : « Cela fait quelques années que je faisais des recherches sur des thèmes aussi incontournables que l’amour, le sexe, la famille, la maternité, la persécution, la culpabilité et d’autres encore. Petit à petit, l’approche un peu éparse de ces problématiques s’est orientée vers des portraits de femmes, d’hommes, de relations et de paysages ambigus. Le cinéma, par sa dramaturgie et son esthétique, m’a permis de les explorer plus en profondeur. »

Elle  a une manière particulière de traiter les scènes de sexe dans son film : « Les scènes de sexe, dans toute leur diversité, ne sont pas là pour réfléchir sur la manière d’aborder l’érotisme au cinéma, mais pour pousser le spectateur dans ses retranchements. Remplir le vide entre sa satisfaction et son insatisfaction, l’embarrasser par cette intimité forcée, le rendre coupable d’être un voyeur indifférent, et le laisser seul face à lui-même au final », explique-t-elle.

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