Résumé :
Le premier film israélien s’appelle «Oded hanoded». Il date de 1933 et préfigure une série de films de propagande, exaltant le sionisme et sa capacité à forger un homme nouveau sur la terre d’Israël. Comment l’utopie nationaliste des pionniers, inspirée du cinéma révolutionnaire soviétique, a-t-elle donné lieu aux questionnements déchirants de la postmodernité ? Raphaël Nadjari a choisi de laisser parler de multiples témoins et spécialistes, dont les propos éclairent les extraits d’une quarantaine de films. Un récit qui permet de comprendre comment, aux prises avec une succession de traumatismes et d’événements – la Shoah, les guerres israélo-arabes, les vagues d’immigration successives, la défaite du socialisme fondateur ou la libération de la femme –, ce cinéma va passer de l’affirmation d’une identité contestée à sa permanente remise en cause.
Un parcours passionnant à travers une quarantaine de films, restituant la diversité de la société israélienne.
Première Partie : lundi 18 mai 2009 à 23 heures 55, le premier volet du documentaire
Entre autres découvertes délectables, cette première partie explore le succès phénoménal de Sallah Shabati d’Ephraïm Kishon (1962), qui fait rire tout Israël avec les tribulations d’un juif oriental récemment immigré, et conquiert Hollywood – malgré les tentatives de Golda Meir pour interdire à l’étranger un film qu’elle juge dégradant pour l’image du pays. Tandis que Kishon et son producteur, Menahem Golan, inaugurent la vogue du cinéma commercial dit « bourekas » (du nom d’un friand gras et savoureux), Uri Zohar, poète de l’absurde, compare l’entreprise sioniste au tournage d’un film en plein désert dans Un trou dans la lune (1964) et annonce la « Nouvelle sensibilité », cousine de la Nouvelle Vague. À la décennie suivante, David Perlov, « artiste total » proclame la force de l’intime dans une société qui nie la vie privée. Et Ram Loevy, en racontant pour la première fois la guerre de 1948 du point de vue des Palestiniens dans Khirbet Hiza’a (1978), est censuré pour quatre ans…
Deuxième partie : jeudi 21 mai 2009 à 22 heures 25, le second volet du documentaire
« Le rêve était brisé dès le début », dit du sionisme le cinéaste David Waschmann. De Mariage fictif (Haïm Bouzaglo, 1988) et Déportation (Avi Mograbi, 1989) à La vie selon Agfa, d’Assi Dayan (fable accusatrice d’une terrible violence signée de l’un des fils de Moshe Dayan, ancien chef d’état-major de Tsahal, en 1992), le cinéma israélien des années 80 se dresse contre l’État. Mais dans une société de plus en plus divisée, où les espoirs de paix s’amenuisent, il s’aventure de plus en plus sur le terrain de l’intime et du singulier pour donner voix aux minorités. L’homosexualité, l’oppression des femmes, le poids de la religion ou de la famille, mais aussi la solitude, le doute et le chaos des sentiments : un cinéma « qui commence à donner la parole à toute [la] diversité » du pays, résume la réalisatrice Keren Yedaya.
Lundi 18 mai à 23h55 ET jeudi 21 à 22h25 sur ARTE
Présenté ,hors compétition,à la Berlinale (Le Forum,Berlin 2009)
Tous publics
Réalisateur : Raphaël Nadjari
Pays : France – Israël – Nationalité : franco-israélien – Année de réalisation : 2009 – 2 Episodes de 1h45

Infos supplémentaires :
arte : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=1008679,day=3,week=21,year=2009.html
Télérama : http://television.telerama.fr/television/une-histoire-du-cinema-israelien-1933-1978,42690.php
Les Inrockuptibles : http://blogs.lesinrocks.com/s-kaganski/?p=168
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