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Mort de José Bénazéraf, grande figure de l’érotisme français


Surnommé le « Bunuel de l’érotisme » ou le « Godard du X », José Bénazéraf, grande figure de l’érotisme français, est mort à l’âge de 90 ans. Avec à son actif 90 films, on retiendra parmi ses films les plus célèbres « Joe Caligula », « Le Désirable et le sublime », « Anthologie des scènes interdites » ou encore « Bordel SS ».

Le cinéaste culte José Bénazéraf est décédé à l’âge de 90 ans. Réalisateur prolifique, il a signé 90 films en quarante ans de carrière, dont des classiques du genre.

Originaire du Maroc, José Bénazéraf sort diplômé de Sciences Po à la Libération. En 1957, alors que rien ne le destine à travailler dans le cinéma, il produit Les Lavandières du Portugal de Pierre Gaspard-Huit avec Darry Cowl et Jean-Claude Pascal, puis passe à la réalisation en 1960 avec L’ Eternite pour nous, le cri de la chair. Cette oeuvre fait scandale et tout concours financier lui est retiré. José Bénazéraf fait ensuite tourner à leurs tous débuts Bruno Cremer et Mireille Darc dans Mourir d’amour, ainsi que Jean-Pierre Kalfon dans un polar très noir, Le Concerto de la peur, la drogue du vice, en 1962.

Suivent dans les années 60 de nombreuses séries B quelquefois interdites pour cause d’obscénité. C’est notamment le cas de Joë Caligula et dont les copies sont retirées de toutes les salles de cinéma en 1966. Tout en cherchant à biaiser avec la censure, ce « Buñuel de l’érotisme » continue de rendre ses lettres de noblesse à l’acte d’amour, comme en témoigne Frustration (1971).

En 1975, la loi de finances du 31 décembre institue la classification des films pornographiques et d’incitation à la violence. C’est l’âge d’or du X et José Bénazéraf va s’en donner à cœur joie. Sa mise en scène devient de plus en plus crue, mais sa détermination à associer à l’érotisme la violence ou la politique reste intacte. En cette époque warholienne où la sexualité est considérée comme chic, intellectuelle et bourgeoise, il oppose une vision délibérément gauchiste.

Tournés, comme il l’avoue, « sans réelle passion, avec un sens profond de la dérision », ses films underground aux atmosphères troubles constituent de grands poèmes visuels, véritables odes à la lubricité.

Le précurseur du X tombera dans l’oubli avec la fin du 35 mm et l’avènement de la vidéo.

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