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Je compte sur vous. Entretien avec le réalisateur Pascal Elbé


D’où est venue l’envie de faire JE COMPTE SUR VOUS ?

D’Isaac Sharry, mon producteur. Quand il m’a parlé de Gilbert Chilkli et des arnaques dingues qu’il avait commises, je me suis souvenu que trois ans avant, j’avais moi-même lu dans Le Parisien comment une directrice d’agence bancaire avait été remettre 358 000 euros à un inconnu, sur un simple coup de fil, dans les toilettes d’un café…Cette affaire m’avait interpelé et quand je me suis rendu compte que mon producteur parlait du même homme, j’ai tout de suite été intéressé. Et il a organisé une rencontre avec Chikli.

Comment s’est-elle passée ?

Je l’ai trouvé plein de charme, assez brillant, avec un charisme fou. J’ai tout de suite vu la malice dans son regard et le danger qui pouvait en découler. Mais je me suis dit que pour autant, je ne tenais pas un film. Il me manquait un propos, l’angle de tir pour raconter une histoire… Quelques mois plus tard, je rencontre sur un plateau télé une avocate qui s’occupe des parrains de la mafia. Elle me dit d’aller peut-être voir du côté de la sociopathie ou de la psychopathie. Et là, je me rends compte que je tiens peut-être mon film : le portrait d’un manipulateur.

Et le choix de Vincent Elbaz ?

À un moment, je devais jouer le rôle, mais quand j’ai compris que je n’aurais que quatre semaines de préparation et six semaines de tournage pour faire ce film ultra découpé, entre deux pays… J’ai douté de pouvoir être devant et derrière la caméra et j’ai appelé mon camarade Vincent Elbaz : « Je ne sais pas si je vais jouer ce rôle, est-ce que tu peux me faire l’amitié de lire le scénario ? » Il m’a dit oui tout de suite et le lendemain, on s’est vu, on a fait une lecture, parlé de tout et n’importe quoi, mais pas du film et à la fin, je me vois lui tendre le scénario en lui disant : « Il est à toi. », sans même avoir réfléchi, juste guidé par mon instinct. Vincent a amené un côté chien fou au personnage – là où moi, j’aurais peut-être été trop cérébral. Il est un tellement bon soldat, heureusement que je suis parti avec lui. Tout s’est bien passé

Et Julie Gayet ?

Je voulais une fille beaucoup plus claire que Gilbert, moralement et physiquement, qu’on sente tout de suite qu’elle a de l’éducation, qu’elle ne vient pas du même monde. Julie, que j’avais croisée sur le tournage du RAINBOW WARRIOR, correspondait tout à fait à cette image. En tant qu’actrice, elle est pleine de charme et j’aime son parcours de productrice. Et j’aime la femme, sa personnalité. Dans la scène du piano, on comprend pourquoi Gilbert est tant attaché à son épouse : parce qu’elle aussi peut le berner. Elle n’est pas juste celle qui souffre et qui est déçue.

Autre personnage de femme forte : la commissaire…

Oui, je voulais que l’autorité, comme dans mon premier film, soit féminine – d’où le choix d’un juge qui soit également une femme. Zabou Breitman est une camarade avec laquelle j’avais déjà travaillé, notamment sur 24 JOURS. On en avait retiré une grande complicité, car le film était assez lourd. J’adore sa liberté de jeu et de pensée. Et sa fantaisie. Elle ne joue pas classique. Dans la scène d’interrogatoire, elle s’excuse presque, elle est désolée pour Gilbert. Elle ne joue pas au flic, mais reste crédible dans son rôle, de manière très quotidienne et humaine.

Et tourner à Tel-Aviv ?

C’est une ville que j’ai beaucoup aimé filmer. La vraie histoire était basée là-bas et permettait aussi d’esquisser la vie de ces expatriés Français qui y vivent, qui rament tous, se débattent. Tel-Aviv est une ville très cinégénique. Comme New York, elle offre des perspectives, une architecture et un urbanisme très cinématographiques.

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