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2010 mar
17

L’exposition « Filmer les camps » au Mémorial de la Shoah


Judaicine-Filmerleschamps-memorialshoah-FordExposition Filmer les campsJohn Ford, Samuel Fuller, George Stevens, de Hollywood à Nuremberg au Mémorial de la Shoah du 10 mars au 31 août 2010

Il y a soixante-cinq ans, le monde découvrait les films tournés par les Alliés dans les camps de concentration et d’extermination nazis. De ces images qui nous sont parvenues, nous ne connaissons peu ou pas les auteurs et encore moins les conditions de leur réalisation. Le Mémorial a choisi de suivre le parcours de trois des producteurs de ces images, des cinéastes venus de Hollywood : John Ford, Samuel Fuller, George Stevens. En 1945, les images de Dachau prises par l’équipe de Stevens sont insérées dans un documentaire montré d’abord aux États-Unis avant d’être projeté, à titre de preuve des crimes nazis, devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg. Cette expérience, inédite, a été préparée par John Ford, qui dirigeait lui-même une unité spéciale, la Field Photographic Branch, chargée de réaliser entre autres ce film, Les Camps de concentration nazis, et de mettre en place le filmage du procès.

Cycles de films, conférences

Mercredi 10 mars, 19 h 30

Projection – rencontre inaugurale

« Falkenau, vision de l’impossible » Samuel Fuller témoigne.
De Emil Weiss
(France, documentaire, 1988, 52min, Michkan World Productions et Doriane Films)

Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

Mai 1945, la première division d’infanterie de l’armée américaine livre son dernier combat en Europe dans les Sudètes en Tchécoslovaquie et libère le camp de concentration de Falkenau. Grace à une caméra que lui a envoyé sa mère, Samuel Fuller, membre de cette  » Big Red One », filme cet épisode.
1988 : après une courte introduction présentant les conditions de tournage et l’épisode de la libération du camp, Samuel Fuller commente ce document unique. Pour avoir prétendu ignorer ce qui se passait dans le camp, les notables du bourg de Falkenau vont devoir donner une sépulture aux internés. Samuel Fuller s’interroge également sur la vérité des images, sur la possibilité de représenter l’univers concentrationnaire et sur la nécessité d’en transmettre la mémoire aux jeunes générations.

En présence de Georges Didi-Huberman, historien de l’art et philosophe (EHESS), Christian Delage, historien (Paris 8, EHESS), réalisateur et commissaire d’exposition.
Animé par Emmanuel Laurentin, historien, journaliste et producteur de l’émission  » La Fabrique de l’Histoire  » sur France Culture.

Jeudi 11 mars, 20 h
Projections-rencontre

La machine à écrire, le fusil et le cinéaste (The Typewriter, the Rifle & the Movie Camera )
De Adam Simon
(Grande-Bretagne et USA, documentaire, 1996, 55 min, vostf, British Film Institute)
Avec Samuel Fuller, Tim Robbins, Jim Jarmusch, Martin Scorsese, Quentin Tarantino

Ce documentaire retrace le parcours de Samuel Fuller en trois chapitres: ses débuts en tant que journaliste (the typewriter), ses trois années de combattant durant la Seconde Guerre mondiale (the rifle) et sa carrière de réalisateur (the movie camera). C’est Tim Robbins qui assure la narration du film, et qui s’entretient avec des réalisateurs marqués par le travail de Fuller, comme Martin Scorcese, Quentin Tarantino et Jim Jarmusch. Ce film est également ponctué d’extraits rares de films d’archives et présente des documents de la collection personnelle du cinéaste (photos, dessins, écrits).

En présence de Jerry Rudes, éditeur des mémoires de Samuel Fuller, fondateur du Avignon Film Festival.

Dimanche 14 mars, 14h
Projection

Le Journal d’Anne Frank (The Diary of Anne Frank)
De George Stevens
(Usa, fiction, 1959, 171 min, vostf, 20th Century Fox)
Avec Shelley Winters, Millie Perkins, Joseph Schildkrant

Pour l’anniversaire de ses treize ans, le 12 Juin 1942, Anne Frank reçoit un journal intime sur lequel elle écrit son quotidienà Kitty, sa confidente imaginaire. Le 6 juillet, pour échapper aux persécutions antisémites, la famille Frank entre dans la clandestinité. Réfugiés au dernier étage d’un immeuble de bureaux, leur vie s’organise mais, dénoncés, deux ans plus tard, ils seront arrêtés le 4 Août 1944.
Le scénario insiste, aux derniers moments du film, sur la décision d’Anne, quittant l’appartement clandestin qu’elle nomme l’Annexe, d’y laisser le journal sur sa table de travail. Elle veut que son amie Miep le trouve et qu’il prenne, la dimension de témoignage.

Présentation par Christian Delage.

Projection d’un extrait du film George Stevens : a filmmaker journey de George Stevens Jr sur le tournage du film Le journal d’Anne Frank.

18h
Projection-rencontre

Au-delà de la gloire (The Big Red One )
De Samuel Fuller
(Usa, fiction, 1980, 113 min, vostf, Warner)
Avec Lee Marvin, Mark Hamill, Robert Carradine

Inspiré des souvenirs de Samuel Fuller, The Big Red One montre l’engagement de quatre jeunes GI’s et de leur sergent dans la prestigieuse  » Big Red One  » (la première division d’infanterie de l’armée américaine) depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis jusqu’à la libération du camp de Falkenau.
Chaque personnage, Griff le sensible, Vinci le roublard, Johnson l’innocent, et Zab l’écrivain, le journaliste fumeur de cigare (le plus alter ego du cinéaste), enfin le sergent, figure de mort, représentent des fragments de la personnalité de Fuller.
En présence de Christa Fuller, actrice, épouse de Samuel Fuller, Jerry Rudes, éditeur des mémoires de Samuel Fuller, fondateur du Avignon Film Festival.
Réservez vos places en ligne.

Mardi 16 mars, 19 h
Projection-rencontre

George Stevens : A filmmaker’s Journey
De George Stevens Jr
(USA, documentaire, 1984-85, 90 min, vostf, American Broadcasting Compagny, Creative Film Center)

Récit de la vie et de l’oeuvre du réalisateur américain George Stevens, réalisé par son fils. Il montre, entre autres, que son engagement dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale a modifié profondément sa carrière.

Suivi de :

George Stevens: D Day to Berlin
De George Stevens Jr
(USA, documentaire, 1994, 46 min, vostf, New Liberty Productions)

Tandis que les cameramen placés sous sa direction enregistraient des vues de l’avancée alliée, de la Normandie jusqu’à Berlin, George Stevens a saisià titre personnel et avec une caméra 16mm en couleurs des moments quotidiens ou exceptionnels de cette aventure unique.

En présence de Ricardo Aronovich, chef-opérateur et directeur de la photographie (sous réserve) et Christian Delage.

Jeudi 18 mars, 19 h 00
Projections-rencontre

Death Mills
De Hanuš Burger
Ecrit par Oskar Seidlin
(USA, 1945, documentaire, 22 min, n&b, vosta, U.S. Army Signal Corps)

Ce film a été réalisé pour être montré aux Allemands et aux Autrichiens lors de la campagne de dénazification alliée de 1946-1948. Combinant des images soviétiques, polonaises mais également des sources américaines, il montre ce que les Alliés découvrirent lors de la libération des camps.

Memory of the camps
De Sidney Bernstein
(Grande-Bretagne, 1985, documentaire, 56 min, n&b, vostf, Frontline)

Ce documentaire a été réalisé en 1945à l’initiative du Ministère de l’Information britannique et du Bureau de renseignements de guerre américain. Pour sa réalisation, Sidney Bernstein, qui a bénéficié des conseils d’Alfred Hitchcock, a placé le montage des images des camps de Buchenwald, Dachau et Bergen-Belsen sous le registre de la vérité du plan-séquence.
En présence de Toby Haggith, Consevateurà la cinéamthèque de l’Imperial War Museum, Londres.

Commentaire d’extraits du film A painful reminder de Brian Blake (USA, 1985, documentaire, 75 min, n&b, Granada Television International Ltd.)
et projection de rushes inédits de Memory of the Camps.

Lundi 22 mars, 19 h
Projections-rencontre

Majdanek : Cimetière de l’Europe (Majdanek, Cmetarzysko Europy)
D’Aleksander Ford
(Pologne/Urss, 1944, documentaire, 21 min, vosta, Filmoteka Narodowa)

Tourné pendant l’été 44, au moment de la libération du camp de Majdanek, ce film est réalsié par une double équipe : le tout jeune studio cinématographique de l’armée polonaise,  » Wytwórnia Filmowej Wojska Polskiego « , alors dirigé par le célèbre réalisateur juif polonais Aleksander Ford, et Le Studio central du cinéma documentaire, groupe dirigé par Roman Karmen, important journaliste et documentariste juif russe.

La Croix gammée et la potence (Swastyka i Szubienica)
De Kazimierz Czynski
(Pologne, Urss, 1945, documentaire, 20 min, b&w, vo, Filmoteka Narodowa)

Le procès des six gardes SS et kapos capturésà Lublinà la fin novembre 1944. Un film rare, montré pour la première fois en France.

En présence de Stuart Liebman, professeur d’histoire du cinéma, Cuny Graduate Center, City University of New York.

Lieu
Mémorial de la Shoah
17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Tél : 01 42 77 44 72, Fax : 01 53 01 17 44

Horaires
Tous les jours, sauf le samedi, de 10h à 18h, et le jeudi jusqu’à 22h.
Fermeture le samedi et certains jours fériés nationaux:

Tarifs
Exposition : Entrée libre
Musée : Entrée libre

Le site du Mémorial de la Shoah  ICI

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