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2010 fév
17

La Raffle : Une oeuvre utile aux vertus pédagogiques.


Judaiciné-La raffle 1

Laurence SALFATI a vu pour Judaïciné, le film La Rafle de Rose Bosch. Elle nous livre ces impressions…

L’histoire :
1942, Joseph a onze ans. Ce matin de Juin, il doit aller à l’école, une étoile jaune cousue sur sa poitrine. Il reçoit les encouragements d’un voisin brocanteur, les railleries d’une boulangère… Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains, leurs familles, apprennent la vie dans un PARIS occupé, sur la BUTTE MONTMARTRE, où ils ont trouvé refuge.
Du moins, le croient-ils, jusqu’à ce matin du 16 juillet 1942, où leur fragile bonheur bascule… Du Vélodrome d’Hiver, où 13000 juifs sont entassés, au camp de BEAUNE-LA-ROLANDE,  LA RAFLE suit le destin réel des victimes, de leurs bourreaux, de ceux qui ont tout orchestré, de ceux qui ont fait confiance, et de ceux qui ont fui…
De ceux qui se sont opposés… Toutes les personnes du film ont existé… Tous les évènements, même les plus extrêmes ont eu lieu, ce fameux été 1942.

À partir de l’histoire vécue par Joseph WEIZSMANN, 10 ans au moment des faits, le film est une pure reconstitution tragique de la Rafle du Vel d’Hiv, qui, durant l’été 1942, vit la police française arrêter 13000 juifs à PARIS (dont un tiers d’enfants), pour les déporter vers les camps nazis.

Une Liste de SCHINDLER française, voilà ce qu’Alain GOLDMAN, Producteur dit avoir voulu faire avec ce film.

Projet ambitieux sur lequel Rose BOSCH, ancienne journaliste devenue scénariste, puis réalisatrice, a enquêté, pendant plus de deux ans, aidée par Serge KLARSFELD, qui lui a permis de reconstituer et respecter, au plus près, la vérité historique.

C’est le courage de Joseph WEISZMANN, et de son ami, avec lequel il s’est évadé du camp de BEAUNE LA ROLANDE, qui a donné à la réalisatrice, la force de rouvrir cette atroce page de l’histoire.

La matière de ce film, c’est cette note d’espoir qui en surgit, face aux 13000 destins qui ont été définitivement brisés.

Dans l’esprit des gens, le Vel d’Hiv est une notion assez vague, une idée dont on ne connait souvent, ni les tenants, et encore moins, les aboutissants.

Le cinéma tient alors toute sa place pour permettre de véhiculer la mémoire collective, et faire en sorte que l’on n’oublie pas… jamais…

Côté acteurs, Jean RENO et Gad ELMALEH entrent dans l’histoire.

Jean RENO a été le premier à s’engager dans l’aventure, et interprète le rôle d’un médecin a la grandeur d’âme débordante.

Gad ELMALEH tient, quant à lui, pour la première fois, un rôle sérieux dans un registre dramatique, celui d’un père de famille optimiste qui tente de soulager les souffrances des siens, par le biais du rire.

La réalisatrice explique son choix d’acteurs connus par le fait que ceux-ci, bien que considérés comme d’excellents comédiens, sont également capables d’incarner des rôles difficiles et durs à l’écran.

Selon elle, il est important d’avoir des comédiens en totale empathie avec le public, ce qui rend davantage acceptables et supportables, certaines scènes douloureuses.

Des seconds rôles également merveilleux, comme le jeune Hugo LEVERDEZ, magnifique et émouvant, ainsi que Raphaelle AGOGUE, véritable révélation du film.

C’est en HONGRIE, dans les Studios de MAFILM, près de BUDAPEST, qu’a été reconstitué le VELODROME D’ HIVER, cette arène de compétition cycliste dans le 15e Arrondissement de PARIS, où furent détenus pendant plusieurs jours, dans des conditions plus que précaires, les milliers de raflés des 16 et 17 Juillet 1942.

On sort de ce film indigné, révolté, bouleversé face à tant de barbarie. Comment l’humain a -t-il pu franchir les limites de l’insupportable, et laisser place à l’horreur ?

Du fait que le film se place du côté des enfants qui ne reviendront pas du VEL D’HIV et d’AUSCHWITZ apporte une touche d’émotion et d’incompréhension supplémentaire.

Un joli film sur la dignité, sur la notion d’obéissance, sur le respect de l’ordre et sur le droit reconnu à chacun de vivre et survivre…

Un film qui parle d’hier, mais destiné à s’adresser, plus que jamais, à aujourd’hui et à demain.

Une oeuvre utile aux vertus pédagogiques, à ne négliger… sous aucun prétexte.

LA RAFLE

De Rose BOSCH

avec Jean RENO, Mélanie LAURENT, Gad ELMALEH, Hugo LEVERDEZ, Sylvie TESTUD, Anne BROCHET, Raphaelle AGOGUE

Sortie le 10 Mars 2010

Laurence SALFATI

Retrouvez l’émission cinéma de Laurence Salfati sur Radio Judaïca Lyon

www.radiorjl.com

Publié dans Actualités

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